MOVA a bien fait voler un aspirateur au CES 2026, mais le module drone Pilot 70 ressemble surtout à une démonstration bancale et irréaliste, loin des contraintes d’une vraie maison et nettement moins convaincant que des solutions comme le Roborock Saros Rover.
MOVA a fait le buzz au CES 2026 avec son module volant Pilot 70, un drone censé transporter un robot aspirateur d’un étage à l’autre… mais tout indique qu’on a affaire à une fausse bonne idée plus spectaculaire que réaliste. Entre prototype bancal, contraintes de sécurité et concurrence de solutions beaucoup plus crédibles comme le Roborock Saros Rover, difficile d’imaginer ce concept s’imposer dans nos maisons.
Une plateforme volante plus gadget que révolution
Le Pilot 70 se présente comme une grosse plateforme de type drone, sur laquelle vient s’arrimer un robot aspirateur MOVA avant de décoller pour franchir escaliers, mezzanines ou accès vers un balcon. Sur le papier, l’idée est de résoudre le problème des maisons à plusieurs niveaux sans avoir à porter le robot soi‑même, en le transportant automatiquement d’un étage à l’autre avant de le ramener à sa base.
En pratique, MOVA reste extrêmement floue sur la fiche technique : aucune info solide sur l’autonomie, la charge supportée, la précision de la navigation ou les systèmes de sécurité, alors même que la plateforme embarque quatre moteurs et des capteurs/caméras visibles sur les images. Le constructeur le présente d’ailleurs comme un module conceptuel de « 3D home robotics » plus que comme un produit prêt à être commercialisé, ce qui en dit long sur le niveau de maturité du projet.
Des démos qui montrent surtout les limites
Les vidéos tournées sur place montrent bien que le prototype est loin d’être maîtrisé. On y voit un appareil massif, bruyant, qui manque de stabilité au décollage et vient heurter le mur ou se poser de façon peu précise, ce qui est tout sauf rassurant dans un intérieur réel rempli de meubles, de murs peints, de baies vitrées… et parfois d’enfants ou d’animaux.
Voici la démonstration du module volant Mova Pilot 70 au CES 2026, où l’on voit bien ses limites en termes de stabilité et de précision :
Même en imaginant une version plus aboutie, les contraintes restent énormes : gestion du bruit d’un drone en intérieur, risques de collision, poussière projetée par le souffle dans toute la pièce, normes de sécurité, sans parler de la nécessité d’avoir de grands volumes dégagés pour que la plateforme puisse manœuvrer correctement. À cela s’ajouterait forcément un coût très élevé pour un usage ponctuel (uniquement déplacer le robot), alors qu’une deuxième base ou un deuxième robot par étage reste souvent plus simple et plus fiable.
Un concept loin des besoins réels
Sur le plan fonctionnel, le Pilot 70 ne nettoie pas mieux : il ne fait que déplacer un robot existant, sans apporter de valeur ajoutée en termes de qualité de nettoyage. Or le vrai problème des aspirateurs robots n’est pas seulement « comment monter les escaliers », mais comment gérer les zones complexes (tapis épais, seuils, surfaces irrégulières) de manière sûre, répétable et silencieuse au quotidien.
Ce type de module volant impose aussi une topologie de maison très favorable : grandes cages d’escalier ouvertes, peu d’obstacles en hauteur, pas de luminaires suspendus gênants, de plantes, de cadres ou de rampes complexes, ce qui exclut une bonne partie des logements classiques. Au final, le concept ressemble davantage à une vitrine marketing pour montrer que MOVA peut faire « de l’air, de l’eau et de la terre » qu’à une solution pensée pour le réel usage des foyers.
Quand Roborock Saros Rover paraît bien plus sérieux
En face, des projets comme le Roborock Saros Rover semblent nettement plus crédibles pour traiter le problème des escaliers et des multi‑niveaux. Le Rover repose sur une architecture « jambes + roues » qui lui permet de monter marche par marche tout en restant au contact de la surface et en continuant à nettoyer, avec des démos convaincantes de stabilité, de changements de direction et même de petits sauts sur des terrains irréguliers.
À l’inverse, la démonstration du Roborock Saros Rover montre un prototype beaucoup plus maîtrisé pour grimper les escaliers :
L’approche de Roborock reste dans la logique d’un robot domestique : proche du sol, relativement silencieux, avec des algorithmes de navigation et d’équilibre pensés pour des intérieurs réels (escaliers courbes, seuils compliqués, pentes, etc.), là où un drone transportant un aspirateur se heurte à des contraintes physiques et réglementaires autrement plus lourdes. Là où le Pilot 70 donne l’impression d’un coup d’éclat technologique peu transposable au quotidien, le Saros Rover ressemble davantage à une évolution naturelle de la catégorie, même si lui aussi reste pour l’instant à l’état de prototype avancé.
Un joli show CES, mais peu de chances de voir le jour
En l’état, le module volant de MOVA coche toutes les cases du « concept CES » : spectaculaire en vidéo, parfait pour faire le tour de TikTok et des réseaux sociaux, mais truffé de contraintes dès qu’on essaie d’imaginer son intégration dans un appartement ou une maison standard. Absence de calendrier clair, manque total de fiches techniques et de messages sur le prix ou la cible : tout laisse penser qu’il restera au mieux un démonstrateur technologique pour nourrir la communication autour de la « 3D home robotics » de MOVA.
Pour résoudre le casse‑tête des escaliers, les solutions qui prolongent l’ADN du robot aspirateur (meilleure mobilité au sol, jambes, chenilles, ascenseurs intégrés) semblent beaucoup plus prometteuses que les plateformes volantes. Le Pilot 70 aura au moins réussi sa mission de show CES : faire parler de MOVA… mais pas forcément comme de la prochaine grande révolution du nettoyage domestique.
Source : Frandroid.










