Les robots tondeuses savent désormais travailler sans câble périphérique, cartographier un jardin et contourner les obstacles. Mais il leur reste un problème beaucoup plus basique : les quelques centimètres d’herbe laissés le long des murs. À l’IFA 2026, les constructeurs ont multiplié les solutions pour tenter d’en finir avec le coupe-bordures manuel.
La course à l’automatisation des robots tondeuses ne se joue plus seulement sur la navigation ou la détection des obstacles. À l’IFA 2026, un autre sujet était omniprésent sur les stands : la finition des bordures.
La difficulté vient directement de la conception des robots. Le disque de coupe reste généralement en retrait de la coque pour des raisons de sécurité. Résultat : même lorsque le robot longe parfaitement une clôture ou un mur, une bande d’herbe peut rester intacte sur quelques centimètres.
Les fabricants cherchent désormais à réduire, voire supprimer, ce travail de finition.
Des disques de coupe de plus en plus déportés
La première solution consiste simplement à rapprocher davantage les lames du bord de la machine.
Roborock conserve ainsi une architecture relativement classique, avec un plateau de coupe déporté d’environ 3 cm. L’objectif est de réduire la bande d’herbe restante sans ajouter de mécanisme supplémentaire à la tondeuse.
Segway Navimow va plus loin en déportant son disque de coupe grâce à un bras annoncé à 7,7 cm. La lame peut ainsi travailler plus près d’un mur tout en conservant le corps principal du robot à distance.
Mova explore également cette voie avec un second disque de coupe positionné sur le côté droit de la machine. La marque prépare parallèlement une solution reposant sur un bras rétractable.
Des bras mécaniques pour aller chercher les derniers centimètres
Plusieurs constructeurs ont choisi une approche plus complexe : faire sortir momentanément l’outil de coupe du gabarit du robot.
Dreame utilise ainsi un bras latéral équipé d’une lame en plastique. Le choix de ce matériau doit notamment permettre de limiter les nuisances sonores lorsqu’il travaille à proximité d’un mur ou d’une bordure.
Anthbot pousse encore plus loin le principe avec un bras escamotable doté de ses propres capteurs. Le système associe notamment LiDAR et caméra afin de contrôler le travail effectué au plus près des obstacles.
Sunseeker mise de son côté sur une tête interchangeable, tandis que Mammotion et Eufy adoptent une solution plus proche du coupe-bordures traditionnel.
Le fil nylon arrive directement sur les robots tondeuses
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Ecovacs avait déjà ouvert cette voie avec certains ces robots tondeuses Ecovacs Goat A1600 LiDAR Pro et Ecovacs Goat O1200 LiDAR Pro équipés d’un module de type rotofil.
Le principe consiste à ajouter un fil nylon chargé de couper l’herbe qui reste inaccessible au disque principal. Mammotion et Eufy ont également présenté des systèmes reposant sur cette technologie.
Cette approche pourrait permettre d’obtenir une finition plus proche de celle d’un coupe-bordures classique. Elle introduit toutefois un consommable supplémentaire ainsi qu’un mécanisme exposé aux murs, aux pierres et aux autres obstacles présents dans un jardin.
Lymow prend le problème dans l’autre sens. Plutôt que d’ajouter une nouvelle mécanique à son robot, la marque a présenté un coupe-bordures manuel accompagné d’une batterie portée dans un sac à dos.
Plus de mécanique, mais aussi de nouvelles contraintes
La question de leur résistance aux chocs, à la terre ou aux petits cailloux reste donc importante. Le bruit constitue également un point à surveiller.
Lors de notre test en laboratoire d’un robot tondeuse Ecovacs équipé d’un rotofil, nous avons constaté une nette différence entre la tonte classique et la finition des bordures. Avec ses lames placées sous le châssis, le robot reste relativement discret. En revanche, dès que le rotofil se met en marche, le niveau sonore augmente fortement.
Nous avons ainsi relevé quasiment 70 dB(A) lors de l’utilisation de ce système de coupe-bordures. Une valeur élevée pour un robot tondeuse, qui rappelle qu’un rotofil reste, par nature, bien plus bruyant qu’un simple plateau de coupe.
Le dernier travail manuel des robots tondeuses ?
Après la disparition progressive du câble périphérique et l’arrivée de systèmes de navigation associant RTK, caméras et LiDAR, les bordures deviennent l’un des prochains champs de bataille du marché.
La multiplication des solutions présentées à l’IFA montre néanmoins qu’aucun standard ne s’est encore imposé. Disque déporté, bras escamotable, lame plastique ou fil nylon : chaque constructeur tente pour l’instant sa propre approche.
Il reste surtout à déterminer si ces mécanismes sauront conserver leur efficacité après plusieurs saisons dans un jardin. Car supprimer quelques minutes de coupe-bordures n’aura d’intérêt que si cela ne se traduit pas par davantage d’entretien ou de pièces à remplacer.



