Alors que Mova se voit coller désormais un "powered by Dreame" par sa maison mère, la marque chinoise a profité du salon de l'électronique grand public de Berlin, l'IFA, pour faire le plein de nouveaux produits et de technologies, avec des choses plus ou moins utiles. Petit retour sur les principales annonces.
Mova ne veut plus seulement fabriquer des machines capables de se déplacer seules. À l’IFA de Berlin, la marque chinoise a voulu montrer comment ses robots pouvaient mieux percevoir leur environnement, prendre des décisions puis intervenir physiquement sur ce qui les entoure.
Sous la bannière « The AI MOVAment », Mova a ainsi dévoilé 22 nouveautés mondiales et 15 technologies qui touchaient toutes les gammes de la maison et du jardin : nettoyage de la maison, jardin, piscine, cuisine, animaux et robotique. Il y en avait pour tous les goûts.
Et Mova a repoussé les limites en tenant de donner littéralement le sens du toucher aux aspirateurs robots.
TactiPercept : quand l’aspirateur robot se met à « toucher »
Les aspirateurs robots utilisent depuis longtemps caméras, LiDAR et autres capteurs pour identifier leur environnement sans entrer en collision avec les objets. Mova entend y ajouter déormais le contact physique.
Son système TactiPercept associe effectivement la reconnaissance visuelle à une sorte de « peau électronique » comprenant 128 capteurs de pression, une structure flexible amortissante et un retour de pression en temps réel.
L’objectif n’est évidemment pas de laisser le robot heurter volontairement les meubles. Ces informations doivent plutôt compléter la vision lorsque le contact devient inévitable ou utile.
En effleurant légèrement un obstacle, le robot peut par exemple ralentir immédiatement. Il peut aussi conserver un contact contrôlé avec un mur pour suivre précisément une bordure pendant le nettoyage.
Mova explique également que ces données tactiles peuvent aider le robot à comprendre une situation dans laquelle il se retrouve en difficulté et faciliter sa récupération autonome.
Le robot ne cherche plus ainsi systématiquement à comprendre son environnement avant tout contact. Il peut aussi exploiter ce qu’il ressent lorsqu’il le touche.
Des ultrasons pour continuer à communiquer sous l’eau
Mova applique une autre forme de perception à ses robots destinés cette fois-ci aux piscines. Sous l’eau, les communications sans fil traditionnelles comme le Wi-Fi deviennent difficiles à exploiter. La technologie AquaSonar utilise donc des ultrasons pour assurer la communication avec le robot immergé.
Mova indique avoir amélioré son système en intégrant désormais le relais directement dans la station. Cette architecture évite d’ajouter une bouée de communication à la surface.
Le robot peut ainsi rester connecté lorsqu’il travaille dans la piscine, tandis que l’utilisateur conserve l’accès à son statut et à certaines commandes.
UltraTrim veut supprimer les dernières bandes d’herbe
Dans le jardin, Mova s’attaque à un problème récurrent des robots tondeuses : les quelques centimètres d’herbe qui restent le long d’un mur ou d’une clôture. C’est la grande préoccupation des fabricants de robots tondeuses qui ont tous proposé une solution à l’IFA de Berlin.
La technologie UltraTrim 3.0, inaugurée avec LiDAX Ultra Gen 2, utilise pour cela un disque de coupe spécifique installé sur le côté droit de la machine.
Mova revendique une coupe jusqu’à 0 cm de la bordure lorsque les conditions le permettent. Si l’herbe et une surface dure se trouvent au même niveau, la tondeuse peut notamment dépasser légèrement sur cette dernière afin de couper jusqu’à la limite en un seul passage.
Mais la marque prépare déjà une évolution plus ambitieuse.
UltraTrim 4.0 place le disque de coupe sur un bras
Avec UltraTrim 4.0, Mova ne se contente plus de déporter un disque sur le côté de la tondeuse. Le système utilise un véritable bras robotisé capable de se déployer au-delà du châssis. Son mécanisme flottant doit suivre les variations du terrain tandis que trois hauteurs de coupe sont prévues : 4, 5 ou 6 cm.
Lorsqu’un obstacle se présente, le bras peut automatiquement se rétracter.
La différence entre les deux technologies tient donc à leur capacité d’adaptation. UltraTrim 3.0 cherche essentiellement à rapprocher le plus possible la lame d’une bordure. UltraTrim 4.0 doit modifier la position de son outil selon la nature de cette bordure et les irrégularités du terrain.
Les performances annoncées, notamment la coupe à 0 cm, reposent toutefois sur les propres essais de Mova et pourront varier selon la configuration du jardin.
AstraX : la tondeuse qui ne veut plus seulement tondre
Mova va encore beaucoup plus loin avec AstraX. Cette tondeuse robot est équipée d’un bras multifonction et de plusieurs outils interchangeables. Elle doit ainsi pouvoir intervenir sur son environnement au lieu de simplement contourner les obstacles qu’elle détecte.
Si sa vision assistée par intelligence artificielle identifie un objet bloquant son passage, le bras peut tenter de le déplacer avant que la tonte reprenne.
Mova prévoit également une pince à deux doigts destinée à cueillir des fruits situés à faible hauteur et une buse permettant d’arroser certaines zones du jardin selon une programmation définie à l’avance.
AstraX illustre bien l’ambition de la marque autour de « l’IA incarnée » : passer d’un robot spécialisé dans une action unique à une machine capable d’utiliser plusieurs outils pour accomplir différentes tâches. Nous ne sommes tout de même pas loin de l’aspirateur robot qui ramasse les chaussettes par terre avec son bras robotisé…
Knot 80 : une main robotique avec 11 degrés de liberté
La démonstration la plus prospective vient toutefois de Knot 80. Cette main robotique agile doit permettre à Mova d’étudier des manipulations beaucoup plus complexes que celles offertes par une simple pince.
La main dispose de 11 degrés de liberté correspondant à autant d’articulations mobiles indépendamment. En comptant les quatre articulations supplémentaires du bras auquel elle est associée, le système complet atteint 15 articulations mobiles.
Mova combine ce dispositif à une perception spatiale en 3D reposant notamment sur la technologie Structured Light.
L’objectif est de permettre au système de déterminer la position et l’orientation d’un objet, de choisir une manière de le saisir puis d’ajuster sa force en fonction de la situation.
La force de préhension peut varier entre 25 et 50 N selon les essais réalisés par Mova.
Plutôt que de reproduire systématiquement un mouvement appris, Knot 80 utilise également un retour visuel continu pour ajuster son geste pendant son exécution.
Mova ne fournit ni calendrier de commercialisation ni prix pour AstraX, Knot 80 ou les différentes technologies présentées. La marque dessine ici une évolution de sa stratégie pour les mois à venir, au moment où Dreame, la maison mère se réorganise en Dreame Group et Move se voit désormais coller un « Powered by Dreame ».




