À partir du 1er septembre 2026, MaPrimeRénov’ se resserre fortement. Plusieurs travaux sortent du parcours par geste et les rénovations d’ampleur conservant un chauffage au gaz ne seront plus aidées.

Maison individuelle en cours de rénovation de toiture avec échafaudage et tuiles visibles
Travaux de rénovation énergétique en cours sur une toiture résidentielle.

Nouveau tour de vis pour MaPrimeRénov’. À compter du 1er septembre 2026, plusieurs catégories de travaux ne pourront plus être financées dans le cadre du Parcours par geste, tandis que les rénovations d’ampleur réalisées dans les maisons individuelles seront soumises à une nouvelle condition : ne plus conserver de chauffage au gaz après les travaux.

Annoncée fin juin puis confirmée début juillet, cette réforme est désormais actée par le décret n° 2026-822 du 25 août 2026 et ses arrêtés d’application publiés au Journal officiel du 27 août.

Elle s’appliquera aux demandes de primes déposées à compter du 1er septembre 2026.

Plus de rénovation d’ampleur aidée si le chauffage au gaz est conservé

MaPrimeRénov’ repose toujours sur deux grands parcours. Le Parcours par geste permet de financer certains travaux ciblés, tandis que le Parcours accompagné concerne les rénovations d’ampleur.

C’est ce dernier qui connaît l’un des changements les plus importants. À partir du 1er septembre, une rénovation d’ampleur réalisée dans une maison individuelle ne pourra plus bénéficier de MaPrimeRénov’ si un chauffage au gaz est encore présent après les travaux.

Cette mesure s’inscrit dans le plan d’électrification du Gouvernement, avec l’objectif affiché de privilégier les rénovations permettant de sortir des énergies fossiles. Dans ce dernier il est exxplicitement écrit que « Afin de sortir au plus vite de la dépendance aux énergies fossiles, les aides publiques doivent envoyer un message clair, et ce d’autant plus dans un contexte de contrainte budgétaire. Les aides aux chaudières à gaz ont été progressivement supprimées (MaPrimeRénov’, Coup de pouce CEE, TVA réduite) ».

Le Gouvernement veut ainsi éviter de financer des projets laissant les ménages durablement dépendants du gaz et de ses éventuelles variations de prix.

Isolation, ventilation et bois sortent du parcours par geste

Le Parcours par geste est, lui aussi, profondément remanié. À partir du 1er septembre, plusieurs opérations ne seront plus éligibles. C’est notamment le cas :

  • des poêles et autres équipements indépendants fonctionnant au bois ou à la biomasse ;
  • des pompes à chaleur uniquement destinées à produire l’eau chaude sanitaire ;
  • des systèmes de ventilation ;
  • de nombreux travaux d’isolation thermique, notamment les murs, combles, rampants de toiture, toitures-terrasses et fenêtres ;
  • des équipements de chauffage solaire thermique ;
  • des équipements de production d’eau chaude solaire, hors Outre-mer.

Cette suppression des aides monogestes marque un changement important pour les ménages qui souhaitaient améliorer progressivement leur logement, sans engager une rénovation globale.

Les pompes à chaleur pour le chauffage restent aidées

Tout ne disparaît cependant pas du Parcours par geste. Certaines pompes à chaleur destinées au chauffage restent ainsi éligibles, seules ou lorsqu’elles assurent également la production d’eau chaude sanitaire.

Cela concerne notamment les PAC air/eau, géothermiques et solarothermiques.

Les pompes à chaleur air/air restent exclues, tandis que les systèmes comportant un appoint utilisant une énergie fossile ne pourront plus bénéficier du dispositif. Les PAC hybrides avec appoint gaz ou fioul sortent donc elles aussi des aides.

Restent également éligibles :

le raccordement à un réseau de chaleur ou de froid ;
la dépose d’une cuve à fioul ;
sous certaines conditions, l’audit énergétique.
Les logements classés « F » et « G » conservent l’accès au parcours par geste

Le décret prévoit également une prolongation spécifique.

En France métropolitaine, les logements classés F et G pourront continuer à accéder au Parcours par geste jusqu’au 31 décembre 2027 pour les opérations restant éligibles.

La réforme ne ferme donc pas totalement la porte aux passoires énergétiques, mais elle recentre fortement les types de travaux pouvant encore être financés séparément.

Une politique clairement tournée vers l’électrification

Cette refonte traduit une orientation assumée : concentrer davantage les aides sur les projets permettant de réduire l’utilisation des énergies fossiles.

Le Gouvernement vise notamment un objectif d’un million de pompes à chaleur installées chaque année d’ici 2030.

MaPrimeRénov’ doit servir de levier à cette politique en favorisant les systèmes de chauffage électriques les plus performants et les rénovations d’ampleur permettant de sortir complètement du gaz.

L’État prévoit de concentrer 3,6 milliards d’euros sur les projets considérés comme les plus vertueux sur le plan climatique.

Des professionnels dénoncent un manque de visibilité

Cette nouvelle réforme intervient après plusieurs modifications successives du dispositif. Dans un communiqué, Thierry Abriat, directeur général d’illiCO travaux, réseau de plus de 200 agences spécialisées dans l’accompagnement en travaux de rénovation et d’extension pour particuliers et professionnels, s’inquiète d’une nouvelle rupture de confiance : « Un projet de rénovation se prépare plusieurs mois à l’avance : choix des matériaux, devis, plan de financement. Pour cela, les ménages ont besoin de visibilité. En huit mois, MaPrimeRénov’ aura connu une suspension totale, une réouverture limitée à 13 000 dossiers, puis désormais la suppression, actée par décret, des aides au monogeste. Cette accumulation de revirements finit par éroder la confiance des Français dans les aides publiques à la rénovation. »

MaPrimeRénov’ 2026 : réouverture du guichet et nouveau passage obligé par France Rénov’

Pour les propriétaires préparant des travaux, la date du 1er septembre 2026 devient donc déterminante. Au-delà de cette échéance, les nouvelles règles s’appliqueront aux demandes déposées et certains équipements ou travaux jusque-là aidés ne pourront plus bénéficier de MaPrimeRénov’.

Sources : Légifrance, Service Public,