Après plusieurs années de tests, Amazon accélère fortement le déploiement de Prime Air. Le géant du e-commerce vise 500 villes couvertes avant la fin de 2026. Ce service de livraison par drone revendique de nombreux avantages : rapidité, coût moins élevé sur le long terme…

Ce géant du e-commerce veut désormais faire de la livraison par drone un véritable service commercial aux États-Unis. Après avoir expérimenté Prime Air dans plusieurs zones, la firme prévoit d’étendre plus rapidement sa couverture géographique en 2026.
L’objectif annoncé est de desservir près de 500 villes et villages américains et de réaliser jusqu’à un million de livraisons par drone sur l’année. Cette accélération intervient alors que le service reste encore largement expérimental en Europe. En France, Amazon a pourtant obtenu une autorisation permettant certaines opérations de livraison par drone.
Mais entre réglementation, contraintes techniques et modèle économique, le passage à une exploitation à grande échelle demeure encore incertain.
Prime Air : la livraison par drone d’Amazon
Présenté par Amazon depuis 2013, Prime Air repose sur l’utilisation de drones autonomes capables d’acheminer de petits colis directement jusqu’au domicile du client. Aux États-Unis, le service concerne des commandes dont le poids ne dépasse pas 2,3 kg.
Le drone décolle depuis un centre logistique local, rejoint automatiquement la zone de livraison, puis dépose le colis dans une propriété privée. Le trajet peut atteindre environ 25 km, avec une livraison annoncée en moins d’une heure.
Le principal intérêt de cette technologie réside dans sa rapidité. Elle doit permettre à Amazon de réduire le temps consacré au dernier kilomètre, notamment pour des produits de petite taille.
Concernant le coût, Prime Air est intégré à l’abonnement Prime à 14,99 dollars par mois, sans frais supplémentaire pour les clients américains. Une gratuité qui semble pourtant cacher une autre stratégie pour inciter les clients à s’inscrire à cette offre Prime d’Amazon.
Un service de livraison innovante, mais encore perfectible
Malgré les progrès réalisés par Amazon, Prime Air montre encore certaines limites dans des situations réelles.
Des médias rapportent notamment le cas d’une cliente américaine qui attendait son premier colis livré par drone, mais dont la commande a finalement terminé dans sa piscine. Un tel incident met en évidence l’un des défis du dispositif : assurer un dépôt suffisamment précis, quelles que soient les caractéristiques du lieu de livraison.
Un drone autonome doit en effet identifier correctement la zone où déposer le colis et éviter les obstacles présents dans son environnement. Amazon doit également composer avec la météo et les différentes contraintes propres aux propriétés privées.
La firme travaille donc à améliorer la précision et la fiabilité de ses appareils, notamment grâce à des systèmes de détection et de livraison perfectionnés. Elle teste aujourd’hui un système de corde rétractable destiné à déposer les colis plus délicatement et à élargir le type de produits transportables.
Le développement à grande échelle de Prime Air dépendra ainsi de la capacité de l’entreprise à limiter ces erreurs et à garantir une expérience suffisamment fiable pour les utilisateurs.
Un objectif de desservir 500 villes états-uniennes d’ici fin 2026
Amazon veut changer d’échelle avec Prime Air. Alors que le service fonctionnait jusqu’ici sur un nombre limité de sites, l’entreprise prévoit de multiplier par six sa couverture géographique et passer à près de 500 villes et villages américains avant la fin de 2026. Des villes comme Chicago, Syracuse, Cleveland, Atlanta ou encore Boise font partie des nouvelles zones annoncées.
L’objectif ne se limite pas à la couverture territoriale. Amazon vise également un million de livraisons par drone sur l’ensemble de l’année 2026. Le service aurait déjà effectué plusieurs centaines de milliers de livraisons et atteint plusieurs milliers d’expéditions quotidiennes.
Le groupe ambitionne parallèlement de rendre Prime Air accessible à quelque 30 millions de clients américains d’ici décembre. Cette stratégie marque une rupture avec les premières années du projet, durant lesquelles Prime Air a surtout été développé sous forme de tests.
L’autorisation accordée par la Federal Aviation Administration (FAA) en 2024 a notamment permis à la firme d’étendre ses opérations au-delà des premiers marchés expérimentaux.
Un déploiement difficile de ce service en France
Le développement de Prime Air apparaît nettement plus avancé aux États-Unis qu’en Europe. En France, Amazon a obtenu une autorisation permettant d’exploiter son service de livraison par drone dans certaines conditions. Cependant, cette avancée réglementaire ne signifie pas que les livraisons automatisées vont immédiatement se généraliser sur le territoire.
Le cadre européen constitue en effet un élément déterminant. Les opérations de drones doivent répondre à des exigences concernant notamment la sécurité des vols, les zones survolées et la protection des personnes. Ces contraintes peuvent rendre plus complexe le déploiement d’un réseau commercial dense, en particulier dans les zones urbaines.
De plus, il existe de grandes différences entre le cadre américain de la FAA et les exigences européennes applicables aux drones civils. Le marché français doit aussi composer avec la question de l’acceptabilité. Faire circuler quotidiennement des drones autonomes au-dessus des habitations soulève des interrogations concernant le bruit, la sécurité et la vie privée.
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Les enseignes proposant ce service actuellement
Amazon n’est pas seul à vouloir développer la livraison commerciale par drone. Aux États-Unis, Wing, filiale d’Alphabet, figure parmi les acteurs les plus avancés. Cette entreprise a déjà dépassé le million de livraisons commerciales et opère sur plusieurs marchés américains. Zipline constitue un autre concurrent important, avec des opérations menées sur plusieurs continents.
La grande distribution américaine s’intéresse également à cette technologie. L’enseigne Walmart développe en effet des initiatives avec Wing et Zipline, tandis que Target expérimente des livraisons par drone pour certaines commandes alimentaires.
En Europe, le secteur reste beaucoup moins développé. Des expérimentations existent notamment en Irlande, en Finlande et aux Pays-Bas. Toutefois, aucune entreprise n’a encore atteint une échelle commerciale comparable à l’ambition affichée par Amazon aux États-Unis.
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Sources : Amazon News, Presse-citron, Economie Matin


