Après plusieurs semaines de vacances, il n’est pas rare de retrouver quelques yaourts oubliés au fond du réfrigérateur. Faut-il les jeter dès que la date est dépassée ? La réponse est plus nuancée qu’il n’y paraît. Petit rappel de deux trois choses à savoir concernant les dates limites de consommation.
Vous rentrez de vacances et, god damned, vous tombez sur des yaourts oubliés dans votre réfrigérateur. La date limite de consommation indiquée dessus est du 21 juillet et nous sommes le 16 août. C’est ce qu’il m’est arrivé pas plus tard que ce week-end. Ayant appris à être peu regardant sur les fameuses DLC, je vous avoue que je n’ai pas pris la peine de tout jeter à la poubelle, par mesure de précaution. Mais un petit rappel des règles élémentaires est indispensables pour éviter l’accident.
Le yaourt fait figure d’exception parmi les produits frais, selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Pour l’agence, « la DLC s’applique à des produits alimentaires très périssables qui peuvent présenter un risque pour la santé lorsque la date est dépassée« . Mais le yaourt fait partie des « exceptions« . « Grâce à son acidité et à la présence de ferments, il présente un faible risque microbiologique, ce qui limite le développement de germes pathogènes« , précise-t-elle dans ce petit document récapitulatif très instructif.
La différence entre DLC et DDM
Avant toute chose, il faut regarder précisément la mention inscrite sur l’emballage. Un petit rappel de la différence entre les différents acronymes peut être utile.
La formule « à consommer jusqu’au… » correspond à une date limite de consommation, ou DLC. Elle concerne les produits microbiologiquement très périssables et doit, en principe, être respectée.
La mention « à consommer de préférence avant… » correspond, elle, à une date de durabilité minimale, ou DDM. Lorsque cette date est dépassée, le produit peut perdre certaines qualités gustatives ou nutritionnelles, mais il ne devient pas automatiquement dangereux s’il a été correctement conservé et si son emballage est intact.
Le yaourt bénéficie d’une tolérance particulière
Pour l’Anses, un yaourt peut donc être consommé quelques jours après sa DLC. Attention toutefois : cette tolérance concerne bien les produits qui répondent à la dénomination « yaourt ». Elle ne doit pas être étendue automatiquement à une crème dessert, un dessert lacté ou une autre spécialité fraîche. Le chocolat liégeois avec sa belle crème fouettée sur le dessus mérite donc un gros warning !
Autre point important : l’Anses parle de quelques jours après la DLC. Elle ne fixe pas dans cette recommandation de délai universel permettant d’affirmer qu’un yaourt reste consommable pendant une ou plusieurs semaines. Si la date est largement dépassée, on sort donc du cadre de l’exception explicitement mentionnée par l’agence sanitaire.
60 Millions de Consommateurs va néanmoins un peu plus loin dans cette tolérance. Dans un papier de 2017, l’association revient sur ses analyses portant sur des yaourts à date limite de consommation, DLC + 1 semaine, DLC + 2 semaines, DLC + 3 semaines. A chaque fois, elle a pris en compte deux marqueurs de « fraîcheur » : la flore bactérienne et le pH (indice de l’acidité). « Les yaourts demeurent de bonne qualité trois semaines après la DLC« , conclue l’association. Et précision importante, « les yaourts contenant du sucre ou des fruits ne sont pas plus exposés au développement de bactéries indésirables que les yaourts nature« .
La chaîne du froid reste essentielle
Cette souplesse ne vaut toutefois que si le produit a été correctement conservé. Un yaourt dont la DLC est légèrement dépassée mais qui est resté en permanence à la température recommandée ne se trouve pas dans la même situation qu’un produit ayant subi une rupture de la chaîne du froid.
Au retour de vacances, il faut donc pouvoir avoir confiance dans le fonctionnement de son réfrigérateur pendant toute la période d’absence. Une coupure de courant prolongée, un appareil défaillant ou une température anormalement élevée doivent inciter à la prudence.
Le froid ralentit en effet le développement microbien mais ne bloque pas systématiquement tous les micro-organismes.
2-3 choses à vérifier
La situation change également si le pot avait déjà été ouvert avant de partir en vacances. Une fois l’emballage entamé, la date imprimée ne constitue plus à elle seule un repère suffisant. Il faut alors respecter les indications du fabricant concernant la conservation après ouverture. Comme le rappelle le ministère de l’Économie, « la date limite de consommation n’est plus valable une fois le produit ouvert. Il est nécessaire de suivre les recommandations de conservation indiquées par le fabricant sur l’emballage : température, durée maximale de conservation, indication sur la durée de vie secondaire ‘à consommer dans les X jours après ouverture‘ ».
L’aspect et l’odeur constituent également des indices, pas une garantie. Un emballage altéré, un opercule gonflé, un aspect inhabituel, la présence de moisissure ou une odeur anormale doivent évidemment conduire à ne pas consommer le produit.
Mais il ne faut pas pour autant considérer qu’un yaourt est forcément sans risque simplement parce qu’il semble normal.
Certaines contaminations microbiologiques ne modifient pas nécessairement le goût, l’odeur ou l’apparence des aliments. Le fameux « test du nez » ne constitue donc pas une garantie de sécurité.
Les personnes fragiles doivent être plus prudentes
Pour certaines catégories de population, les recommandations doivent être appliquées avec davantage de précautions.
Les femmes enceintes, personnes âgées, personnes immunodéprimées et jeunes enfants sont plus vulnérables aux conséquences de certaines infections alimentaires. Dans ces situations, mieux vaut respecter strictement les dates indiquées et ne pas profiter de la tolérance accordée aux yaourts dont la DLC est dépassée.
Pour conclure…
Un yaourt encore fermé, correctement réfrigéré et dont la DLC n’est dépassée que de quelques jours peut être consommé selon l’Anses, à condition qu’il ne présente pas d’altération. Au-delà de cette courte période, en cas de doute sur la chaîne du froid, si le produit a été ouvert ou si vous faites partie des personnes vulnérables, mieux vaut ne pas le consommer.
Sources : Anses, 60 Millions de consommateurs, MINEFI


