Samsung accélère dans la robotique humanoïde. Le groupe coréen développerait désormais son propre robot et pourrait s’appuyer sur une expertise inattendue : celle acquise depuis des décennies dans les moteurs de ses lave-linge et autres appareils électroménagers.

Imagination d’un robot humanoïde Samsung dans une cuisine moderne
Imagination d’un robot humanoïde Samsung générée par IA.

Samsung ne veut visiblement pas laisser Tesla (Optimus), Figure AI (F03) ou les nombreux fabricants chinois occuper seuls le terrain des robots humanoïdes. Le géant coréen travaillerait désormais sur un robot développé directement en interne, parallèlement aux activités de Rainbow Robotics, l’entreprise de robotique dont il a pris le contrôle.

Selon les informations publiées début août par ZDNet Korea, Samsung aurait déjà atteint un stade dans le développement de son humanoïde. Aucun modèle commercial n’a cependant encore été présenté officiellement par le constructeur.

Derrière ce projet se cache surtout un avantage industriel auquel on pense moins immédiatement : l’expérience accumulée par Samsung dans l’électroménager.

Les technologies des lave-linge au service des robots

Un robot humanoïde doit disposer de dizaines d’articulations capables de produire des mouvements à la fois puissants, précis et économes en énergie. Pour y parvenir, les fabricants utilisent des actionneurs, des ensembles regroupant notamment moteur, transmission et électronique de commande.

Samsung chercherait justement à développer ses propres actionneurs. Et pour cela, le constructeur pourrait s’appuyer sur les technologies de moteurs qu’il maîtrise déjà dans ses appareils électroménagers. L’entreprise développe depuis longtemps des moteurs destinés notamment aux lave-linge, aspirateurs balais sans fil ou réfrigérateur.

Il ne s’agit évidemment pas d’installer directement un moteur de machine à laver dans le genou d’un robot. En revanche, les compétences nécessaires présentent plusieurs points communs : rendement élevé, contrôle précis de la rotation, réduction des vibrations, maîtrise de la chaleur ou encore fiabilité sur de longues périodes.

Autant de qualités essentielles pour un robot destiné à travailler plusieurs heures par jour.

Samsung veut maîtriser une pièce stratégique

Les actionneurs représentent l’un des composants les plus importants d’un robot humanoïde. Ils jouent en quelque sorte le rôle des muscles en permettant de faire bouger les bras, les jambes ou les mains.

Samsung avait déjà confirmé travailler sur cette technologie. Le groupe cherche donc à maîtriser davantage de composants en interne plutôt que de dépendre entièrement de fournisseurs spécialisés.

Cette stratégie rappelle celle adoptée par le constructeur dans d’autres secteurs. Samsung ne fabrique pas seulement des smartphones et des téléviseurs : il produit également des écrans, des mémoires, des semi-conducteurs, des batteries ou encore différents composants utilisés par d’autres fabricants.

Les robots pourraient à terme suivre le même modèle.

Rainbow Robotics reste au cœur de la stratégie

Samsung dispose parallèlement d’un autre atout important : Rainbow Robotics. Fondée par des chercheurs issus du KAIST, l’une des principales universités technologiques sud-coréennes, l’entreprise est spécialisée dans les robots humanoïdes, les robots quadrupèdes et les robots collaboratifs.

Samsung avait commencé par acheter 14,7 % de son capital en 2023 avant de porter sa participation à 35 % fin 2024, lui permettant d’en prendre le contrôle. Le constructeur coréen pourrait donc poursuivre deux voies en parallèle : développer certaines technologies directement dans ses propres laboratoires tout en s’appuyant sur l’expertise de Rainbow Robotics.

En juillet 2026, Samsung a d’ailleurs créé une nouvelle division baptisée Robotics eXperience (RX), directement consacrée au développement et à la commercialisation de technologies robotiques.

D’abord les usines, avant nos maisons

Les premiers robots humanoïdes de Samsung ne devraient toutefois pas débarrasser la table ou passer l’aspirateur dans nos logements.

Comme Tesla, Figure ou Boston Dynamics, Samsung semble dans un premier temps viser les environnements industriels. Les usines constituent un terrain particulièrement adapté aux humanoïdes : les tâches sont répétitives et les bâtiments ont généralement été conçus pour des travailleurs humains.

Un robot capable de marcher, porter des charges ou manipuler des objets pourrait donc théoriquement utiliser les mêmes postes de travail sans nécessiter une transformation complète des lignes de production.

L’arrivée de tels robots chez les particuliers reste en revanche beaucoup plus incertaine, notamment en raison de leur coût et des importantes contraintes de sécurité.

L’électroménager, nouvel avantage dans la course aux humanoïdes ?

L’histoire est finalement assez révélatrice de la nouvelle bataille industrielle autour des robots humanoïdes.

Les entreprises spécialisées dans l’intelligence artificielle disposent d’algorithmes de plus en plus performants. Mais transformer ces logiciels en machines capables de fonctionner quotidiennement demande aussi de maîtriser la mécanique, les moteurs, l’électronique et surtout la production à très grande échelle.

Sur ces points, un fabricant qui produit depuis des décennies des millions de lave-linge, aspirateurs et climatiseurs dispose d’une expérience considérable.

Samsung pourrait donc transformer une expertise acquise dans des appareils très ordinaires en un avantage pour l’une des technologies les plus ambitieuses des prochaines années.

Le futur robot humanoïde de Samsung pourrait ainsi devoir une partie de ses articulations… aux technologies développées pour faire tourner nos machines à laver.

Source : ZDNet Korea.