Quand leur appartement se transforme en fournaise, certains habitants ont trouvé une solution radicale : passer une ou plusieurs nuits dans un hôtel climatisé. Un phénomène qui prend de l’ampleur avec les canicules à répétition.

Femme arrivant dans une chambre d’hôtel climatisée pendant la canicule
Face à la chaleur, certains habitants réservent une chambre d’hôtel pour dormir au frais.

Dormir à l’hôtel sans être en vacances, parfois à seulement quelques kilomètres de son domicile. Avec les épisodes de canicule, certains habitants en viennent désormais à choisir cette solution pour échapper, le temps d’une nuit ou deux, à un appartement devenu impossible à rafraîchir.

Dans un reportage publié ce 12 août, France 3 Grand Est rapporte que plusieurs hôtels alsaciens constatent l’arrivée de clients habitant pourtant à proximité. Leur motivation n’a rien de touristique : ils cherchent avant tout une chambre climatisée et quelques heures de sommeil au frais.

La pratique reste minoritaire, mais elle dit beaucoup des difficultés rencontrées dans certains logements lorsque la chaleur s’installe durablement.

Quand la température ne redescend plus dans la chambre

Pendant une vague de chaleur, le problème ne vient pas uniquement des températures atteintes dans l’après-midi.

Après plusieurs journées très chaudes, les murs, les plafonds et les planchers emmagasinent de l’énergie. Dans un appartement très exposé au soleil, sous les toits ou insuffisamment protégé contre la chaleur, cette énergie continue ensuite d’être restituée pendant plusieurs heures.

Résultat : même en ouvrant les fenêtres le soir, la température intérieure peut rester élevée une bonne partie de la nuit.

Et lorsque l’air extérieur reste lui aussi très chaud, il devient particulièrement difficile de faire baisser rapidement la température d’une chambre.

C’est précisément à ce moment-là que certains habitants semblent renoncer à dormir chez eux.

Une chambre climatisée comme solution de dernier recours

Selon les professionnels interrogés par France 3, certaines réservations sont effectuées au dernier moment par des personnes vivant dans le secteur.

Plutôt que de réserver pour visiter la région, ces clients viennent simplement chercher quelques heures de fraîcheur. L’hôtel devient alors, en quelque sorte, un refuge climatique temporaire.

La pratique concerne notamment des personnes qui supportent difficilement la chaleur ou des familles vivant dans des logements qui accumulent fortement les calories au cours de la journée.

La climatisation de la chambre constitue évidemment l’élément décisif. Une fois les fenêtres fermées, elle permet de maintenir une température intérieure nettement plus stable que celle d’un appartement incapable d’évacuer la chaleur accumulée.

La canicule fait apparaître un nouveau « budget fraîcheur »

Cette solution a toutefois un coût. Même dans un établissement économique, passer plusieurs nuits à l’hôtel peut rapidement représenter une dépense de plusieurs centaines d’euros pour une famille.

Un véritable budget canicule peut donc apparaître : climatiseur mobile, ventilateurs, consommation électrique supplémentaire et, pour certains, quelques nuits passées hors du domicile.

Une situation qui montre également les fortes différences entre les logements face aux vagues de chaleur.

Deux appartements situés dans la même ville peuvent offrir un confort d’été radicalement différent selon leur orientation, leur étage, leurs protections solaires, leur isolation ou leur capacité à créer une ventilation nocturne efficace.

Tous les logements ne réagissent pas de la même manière à la chaleur

Une habitation bien protégée peut conserver une température supportable pendant plusieurs jours.

À l’inverse, une grande baie vitrée exposée au soleil sans protection extérieure peut transformer une pièce en véritable serre.

Les logements situés au dernier étage sont également particulièrement sensibles à la chaleur reçue par la toiture. Une fois les matériaux chauffés pendant plusieurs heures, la température intérieure peut continuer d’augmenter même après le coucher du soleil.

Les volets, stores extérieurs et protections solaires jouent donc un rôle essentiel. Empêcher le rayonnement solaire d’entrer est généralement beaucoup plus efficace que tenter d’évacuer la chaleur une fois qu’elle s’est installée.

Le sommeil est l’un des premiers à souffrir

Ces températures élevées deviennent particulièrement pénibles au moment de dormir.

Le corps doit normalement légèrement abaisser sa température pour faciliter l’endormissement. Une chambre trop chaude perturbe ce mécanisme et peut provoquer des réveils répétés ou un sommeil beaucoup moins réparateur.

Après plusieurs nuits difficiles, la fatigue s’accumule. Cela explique pourquoi certains habitants finissent par considérer le prix d’une chambre d’hôtel comme acceptable pour retrouver une nuit complète de sommeil.

Une décision qui aurait pu sembler extravagante il y a encore quelques années mais qui devient beaucoup plus compréhensible lorsque le thermomètre refuse de descendre pendant plusieurs jours.

Rafraîchir son logement avant d’en arriver à l’hôtel

Quelques gestes permettent néanmoins de limiter la montée en température.

Pendant la journée, mieux vaut garder fenêtres, volets et stores fermés sur les façades exposées au soleil. L’aération devient réellement utile lorsque la température extérieure repasse sous celle du logement, généralement tard le soir ou tôt le matin.

Créer un courant d’air entre plusieurs ouvertures peut alors accélérer l’évacuation de la chaleur accumulée.

Les ventilateurs n’abaissent pas la température d’une pièce, mais ils améliorent la sensation de fraîcheur en favorisant l’évaporation de la transpiration.

La climatisation reste évidemment la solution la plus efficace lorsqu’il faut réellement faire baisser la température intérieure, mais son installation n’est pas possible dans tous les logements et son coût peut être important.

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Un phénomène qui en dit long sur le confort d’été des logements

Ces réservations inhabituelles ne transformeront probablement pas les hôtels français en refuges climatiques du jour au lendemain.

Mais leur apparition est révélatrice. Pendant longtemps, les performances énergétiques d’un logement ont surtout été envisagées sous l’angle du chauffage en hiver. Avec les épisodes de chaleur répétés, le confort d’été devient désormais un enjeu tout aussi concret.

Et lorsque certains habitants préfèrent payer une chambre d’hôtel simplement pour pouvoir dormir, le message est assez clair : dans certains logements, la chaleur n’est plus seulement inconfortable. Elle finit par rendre les nuits presque impossibles.

Source : France 3 Grand Est.