La fin de Bloctel ne signe pas la fin du démarchage abusif. Voici comment reprendre le contrôle de vos numéros et protéger votre foyer des appels indésirables.
À partir du 11 août 2026, le démarchage téléphonique sans consentement explicite sera interdit en France, et Bloctel disparaîtra parce que le principe s’inverse : ce sont les entreprises qui devront prouver que vous avez accepté d’être appelé.
Pour un foyer, l’enjeu n’est donc plus de “s’inscrire sur une liste”, mais de reprendre le contrôle sur ses numéros et de bloquer les appels indésirables via la loi et les outils des opérateurs et smartphones.
Ce qui change avec la fin de Bloctel
Depuis 2016, Bloctel permettait de s’opposer aux appels commerciaux sur les numéros déclarés, mais cela restait un système d’opt-out : à défaut d’inscription, les entreprises pouvaient vous démarcher dans un cadre réglementé. La loi du 30 juin 2025 renverse ce modèle en interdisant, à compter du 11 août 2026, tout démarchage téléphonique commercial non sollicité, quel que soit le secteur.
Concrètement, une entreprise pourra encore vous appeler à des fins commerciales uniquement dans deux cas : si l’appel concerne un contrat que vous avez déjà conclu avec elle, ou si vous avez donné un consentement explicite, libre et éclairé pour être démarché par téléphone. Tout contrat conclu à la suite d’un démarchage sans consentement préalable sera réputé nul, ce qui renforce la protection juridique des foyers.
Comment protéger son foyer des appels indésirables
Même avec l’interdiction du démarchage non sollicité, les foyers restent exposés à des appels abusifs, des arnaques ou des spams provenant de numéros peu scrupuleux ou étrangers. La protection passe par trois leviers complémentaires : la vigilance sur les consentements donnés, l’usage des fonctions de filtrage des téléphones, et le recours aux plateformes de signalement.
Sur smartphone, iOS et Android proposent désormais des options pour bloquer automatiquement les numéros inconnus, filtrer les appels et afficher le motif de l’appel avant de décrocher. Il est également possible de bloquer les préfixes les plus utilisés pour le démarchage, ou de maintenir une liste noire de numéros, ce qui réduit très fortement le harcèlement au quotidien.
Attention aux cases “j’accepte d’être rappelé”
Avec la nouvelle loi, le point sensible se déplace vers la manière dont les entreprises recueillent votre consentement. Un consentement valable doit être donné par un acte positif clair, sur une base libre et éclairée, en sachant que vos données pourront être utilisées à des fins de prospection commerciale par téléphone.
Dans les formulaires en ligne, il est donc important de lire les petites lignes liées aux cases à cocher et aux mentions “j’accepte d’être contacté par nos partenaires”. Vous pouvez refuser ou retirer ce consentement à tout moment, et l’entreprise doit pouvoir apporter la preuve que vous avez effectivement accepté d’être démarché. Pour un foyer, cela signifie qu’il faut limiter les autorisations généralistes, et les réserver aux services réellement utiles.
Quelles voies de recours en cas de démarchage abusif ?
Si, après le 11 août 2026, vous continuez à recevoir des appels commerciaux alors que vous n’avez donné aucun consentement, plusieurs recours sont possibles. La plateforme publique SignalConso permet de signaler un démarchage téléphonique abusif à la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF).
En parallèle, les opérateurs et l’Arcep encouragent l’usage des outils de blocage et de classification des appels, pour nourrir les listes de numéros suspects à l’échelle nationale. Enfin, en cas de contrat conclu à la suite d’un démarchage illégal, la loi prévoit la nullité du contrat, ce qui ouvre la voie à des annulations et à des contestations auprès des professionnels concernés.
Source : service-public.gouv et economie.gouv.
