L’Union européenne expérimente une flotte de robots capables de repérer et de ramasser les déchets immergés. Une solution prometteuse pour intervenir sans exposer les plongeurs.

Robots SeaClear2.0 chargés de repérer et collecter les déchets au fond de la mer
Le projet européen SeaClear2.0 combine navires, drones et robots sous-marins pour détecter et ramasser les déchets immergés.

La pollution marine ne flotte pas seulement à la surface. Une grande partie des plastiques, pneus, morceaux de métal et équipements de pêche finit par se déposer au fond des mers, où leur récupération devient particulièrement complexe. Jusqu’à 600 000 tonnes de déchets plastiques rejoindraient chaque année les mers européennes, selon les données relayées par l’Union européenne.

Pour s’attaquer à cette pollution invisible, le projet européen SeaClear2.0 développe une flotte de robots capables de cartographier les fonds, d’identifier les déchets et de les ramasser. Le programme, lancé en janvier 2023, est financé dans le cadre d’Horizon Europe et doit se poursuivre jusqu’au 31 décembre 2026.

Des robots capables de soulever jusqu’à 250 kg

Le dispositif combine plusieurs appareils autonomes évoluant à la surface, dans les airs et sous l’eau. Grâce à des caméras, des sonars et des logiciels de reconnaissance, ils doivent distinguer les déchets des roches ou de la faune marine avant de procéder à leur collecte.

Le système est conçu pour intervenir jusqu’à 100 mètres de profondeur et récupérer des objets pouvant peser jusqu’à 250 kg. Il pourrait donc extraire des pneus, des barrières métalliques ou encore des morceaux de bateaux sans envoyer de plongeurs dans des zones dangereuses et peu visibles.

Des essais ont déjà été organisés à Marseille et à Hambourg. D’autres démonstrations sont prévues ou menées dans plusieurs ports européens, notamment à Dubrovnik et Tarragone, afin de vérifier que le système peut fonctionner dans des environnements très différents.

Une technologie utile, mais pas une solution miracle

Ces robots pourraient rendre le nettoyage des ports et des zones côtières plus fréquent, moins coûteux et surtout moins risqué pour les équipes humaines. Le précédent projet SeaClear visait notamment un taux de détection de 80 % et une réussite de collecte de 90 %, avec un coût inférieur à celui d’une intervention de plongeurs.

La technologie ne réglera toutefois pas, à elle seule, le problème de la pollution marine. Le projet prévoit aussi des actions de prévention, de tri et de recyclage. Car retirer les déchets déjà présents reste insuffisant si de nouveaux plastiques continuent d’arriver quotidiennement dans les océans.