En pleine canicule, vos panneaux solaires peuvent perdre jusqu’à 15 % de rendement. Et le mauvais réflexe pour les refroidir peut coûter plus cher que la chaleur elle-même.

Panneaux solaires installés sur le toit d'une maison
La pose en surimposition réduit le risque de surchauffe des panneaux solaires. Crédit photo : Admiral Lebioda – Unsplash.com

En France, l’engouement pour le photovoltaïque ne faiblit pas. Portée par l’urgence climatique et la flambée des coûts de l’énergie, la puissance installée a fait un bond spectaculaire ces dernières années, atteignant 31,3 GW fin 2025, contre seulement 20 GW deux ans plus tôt. En 2026, cette croissance semble se poursuivre. Cependant, l’arrivée des périodes de fortes chaleurs soulève souvent une question paradoxale chez les propriétaires d’installations photovoltaïques. Celle-ci concerne l’effet de la canicule sur le rendement des panneaux solaires. Effectivement, la production chute quand les températures augmentent. En plein été, on observe généralement une baisse de performance entre 10 et 15 %.

Pourquoi vos panneaux solaires produisent moins quand il fait très chaud

« Plus de chaleur » ne signifie pas « plus de courant » ! On pourrait croire que les panneaux solaires photovoltaïques tournent à plein régime dès que le mercure s’affole. Détrompez-vous ! Si les modules solaires thermiques « aiment » la canicule, c’est une tout autre histoire pour le photovoltaïque. Effectivement, une chaleur intense n’entraine pas une augmentation de la production électrique de votre installation. C’est même le contraire qui se manifeste étant donné les cellules solaires ont uniquement besoin de la lumière pour produire de l’électricité.

25 °C : le seuil à partir duquel le rendement commence à chuter

En fait, tout est une question de normes. En laboratoire, les performances des panneaux sont mesurées à 25 °C. Dès que la température de surface du module dépasse ce seuil, le rendement commence à chuter. En pratique, la production photovoltaïque diminue d’environ 0,5 % pour chaque degré supplémentaire.

Attention toutefois à ne pas confondre la température de l’air et celle du module. En plein soleil, un panneau peut facilement afficher 20 °C de plus que l’air ambiant. Un mercure à 30 °C à l’ombre signifie donc souvent une surface de verre à 50 °C !

Silicium et chaleur : pourquoi la puissance baisse vraiment

Le coupable ? Le silicium cristallin. Ce matériau semi-conducteur utilisé dans les panneaux solaires voit sa résistance électrique diminuer avec la chaleur, ce qui freine sa capacité à convertir les photons en électricité. Ce phénomène constitue un inconvénient majeur. Une réduction de la capacité de conversion des rayons solaires en électricité se traduit effectivement par une perte de puissance. Ainsi, lors d’un épisode caniculaire, la production d’une installation photovoltaïque peut chuter brusquement. Un panneau ayant un coefficient de -0,4 %/°C, conçu pour produire 400 watts à 25 °C, peut voir sa production baisser à 336 watts à 65 °C !

Surchauffe, incendie : faut-il vraiment s’inquiéter en pleine canicule ?

Soyons clairs, une installation solaire de qualité ne risque ni de fondre ni de s’enflammer, même sous un soleil de plomb.

Jusqu’à 80 °C : ce que les panneaux solaires peuvent supporter

Les panneaux solaires photovoltaïques sont conçus pour supporter des températures de surface de plus de 80 °C. Pas de panique donc si vos modules sont brûlants au toucher en plein été. En réalité, la chaleur s’évacue naturellement par rayonnement vers l’extérieur.

Incendie photovoltaïque : le vrai risque vient surtout de l’installation

Les départs de feu liés au photovoltaïque restent rarissimes. Ils sont presque toujours dus à des défauts de matériel, à des composants de mauvaise qualité ou à une erreur de pose, et non à la météo. La canicule peut toutefois accélérer le vieillissement de certains éléments (microfissures du silicium ou dilatation du verre), d’où l’importance d’un suivi régulier.

Arroser ses panneaux solaires pendant la canicule : la fausse bonne idée

Par temps chaud, on est souvent tenté de refroidir ses panneaux avec un jet d’eau. C’est pourtant une fausse bonne idée pour trois raisons majeures :

  • Le choc thermique : projeter de l’eau froide sur un verre chaud peut provoquer des microfissures fatales.
  • Le calcaire : en s’évaporant, l’eau laisse un voile blanc. Ce dépôt de calcaire bloque les rayons solaires et finit par réduire le rendement.
  • Le coût : le coût de l’eau gaspillée est souvent bien supérieur au gain dérisoire d’électricité généré par le refroidissement temporaire.

Comment limiter les pertes d’efficacité des panneaux solaires en été ?

Pour préserver la production photovoltaïque en période caniculaire, l’inaction est souvent considérée comme la meilleure option. À l’échelle d’un particulier, l’impact annuel des fortes chaleurs sur la production est négligeable.

Si la canicule reste un phénomène limité en France (généralement moins de dix jours par an selon Météo France), quelques solutions permettent de garder vos modules au frais :

Pose en surimposition : le courant d’air qui refroidit vos panneaux

L’installation en « surimposition » consiste à fixer les panneaux solaires au-dessus de la toiture tout en laissant un espace vide en dessous. Ce vide crée un courant d’air naturel qui ventile la face arrière des modules.

Toiture végétalisée : une solution efficace, mais coûteuse

Une solution coûteuse, elle utilise l’évapotranspiration des plantes pour rafraîchir l’atmosphère autour des panneaux. Cela permet également de lutter contre les îlots de chaleur urbains.

Coefficient de température : le chiffre à vérifier avant d’acheter

Avant d’acheter, n’hésitez pas à comparer le « coefficient de température », exprimé en %/°C. Plus ce chiffre est proche de zéro, plus le panneau est résistant à la chaleur. Par exemple, un module ayant un coefficient de température de -0,3 %/°C perdra moins de puissance par forte chaleur qu’un autre dont le coefficient est de -0,4 %/°C.