Le gouvernement français a tranché. C'est la préférence européenne qui est instaurée pour les aides aux pompes à chaleur à partir de septembre 2026. Les primes CEE se réserveront désormais aux modèles assemblés en Europe. Ce n'est pas tout : faute de budget voté, MaPrimeRénov' est suspendue pour le moment.
Dès septembre 2026, c’est la préférence européenne pour les aides aux pompes à chaleur qui sera mise en place par le gouvernement français. Le but est de privilégier celles qui sont assemblés sur le vieux continent avec les primes CEE. C’est en tout cas ce que Sébastien Martin, le ministre délégué chargé de l’industrie, nous a expliqué lors d’une visite chez le fabricant français Frisquet à Meaux.
Une préférence européenne sur les aides CEE
Cette préférence européenne pour les aides aux pompes à chaleur concernera les PAC air-eau et PAC géothermiques (eau-eau, sol-eau). Des technologies conçues pour remplacer les chaudières au fioul ou au gaz. Pour faire simple, dès septembre 2026, les primes supplémentaires en lien avec les CEE ne pourront être touchées que pour les pompes à chaleur produites en Europe avec des critères précis de qualité. Il faudra que le circuit frigorifique, partie centrale de ces équipements, soit assemblé dans l’Espace économique européen.
Les fabricants ont déjà la possibilité de faire des demandes d’agrément via un site web dédié. C’est au début du mois de juillet que la liste des modèles agréés sera publiée. Mais si les textes ne sont pas adoptés avant le 1er avril, le calendrier pourrait être chamboulé.
Des primes complémentaires sont des aides précieuses
Les primes CEE fonctionnent avec un forfait de base auquel s’ajoutent de nombreuses primes en plus. Elles varient selon la zone climatique, la surface chauffée, la performance de la PAC et d’autres facteurs. Exemple concret : l’installation d’une PAC air-eau en maison coûte en moyenne 15 000 euros. Sur ce montant, un ménage aux revenus modestes touchera en moyenne 700 euros au titre du forfait de base et 2 800 euros au titre des primes complémentaires.
Le forfait de base est accessible à tous. Mais pour les primes complémentaires, elles sont conditionnées à une production européenne de l’équipement. Rappelons qu’il existe déjà une mesure similaire depuis le 1er octobre pour l’achat de voitures électriques équipées de batteries européennes.
Une grosse partie de la production est déjà européenne
Selon l’association française pour les pompes à chaleur, environ 80 % des PAC air-eau vendues en France étaient déjà fabriquées chez nous ou en Europe en 2022. Une proportion qui ne cesse d’augmenter depuis avec les nouveaux investissements.
Le ministère de l’Industrie estime à 300 000 unités la capacité actuelle de production de pompes à chaleur air-eau en France. Si l’on ajoute les projets en développement, c’est 200 000 de plus. Des capacités suffisantes pour que le gouvernement fasse le choix de garder une grande partie des aides aux PAC produites en Europe. Les PAC air-air ne sont pas concernées par cette préférence européenne, sachant qu’elles viennent plus souvent d’Asie.
En parallèle, MaPrimeRénov’ reste suspendue depuis le 1er janvier 2026, faute de budget voté par le Parlement. Une situation qui continuera jusqu’à l’adoption d’une nouvelle loi de finances, comme l’explique Vincent Jeanbrun, ministre du Logement. L’impact est énorme. MaPrimeRénov’ peut atteindre jusqu’à 5 000 euros pour l’achat d’une PAC air-eau pour les foyers aux revenus très modestes. On parle de 4 000 euros pour les familles modestes et 3 000 euros pour les revenus intermédiaires. Les montants sont encore plus élevés pour les PAC géothermiques.
Malheureusement, cette instabilité des aides pèse lourdement sur le secteur. Les ventes de PAC air-eau se sont écroulées ces dernières années. On parle de 182 648 unités vendues en 2024, soit 40 % de moins qu’en 2023.
Quelles aides sont encore disponibles ?
Malgré ce contexte difficile, le dispositif « Boost » CEE reste actif jusqu’au 31 mars 2026 pour les pompes à chaleur air-eau et géothermiques. Une prime exceptionnelle a été mise en place depuis le 1er octobre dernier pour tenter de rebooster les ventes. Pour profiter de cette aide, plusieurs conditions sont à respecter. Il faut accepter l’offre du signataire de la charte CEE avant de signer le devis. L’installateur doit être certifié RGE (Reconnu garant de l’environnement) à la date de la signature. Il faut que le logement concerné soit la résidence principale pour tout changement d’une chaudière au gaz, au fioul ou au charbon.
Source : La Tribune











