Un nouveau souffle pour l’industrie française ? Un mois après la liquidation judiciaire du groupe Brandt, la start-up bretonne EverEver propose un plan de reprise audacieux. En se concentrant sur le site historique de Vendôme, l’entreprise morbihannaise ambitionne de créer 150 emplois d'ici 2029 et de réinventer la cuisson durable. Entre levée de fonds participative et promesse de réindustrialisation, voici les détails d'un projet qui veut réconcilier écologie et savoir-faire local.
Placé en liquidation judiciaire en décembre dernier, le géant déchu de l’électroménager Brandt pourrait trouver son salut grâce à EverEver. L’entreprise morbihannaise a officiellement déposé un projet de reprise ambitieux axé sur la durabilité et la réindustrialisation locale.
L’espoir renaît pour les anciens salariés de Brandt. Alors que l’avenir industriel des sites de la région Centre-Val de Loire semblait scellé depuis le 11 décembre 2025, la jeune pousse française EverEver sort du bois. Pour Martin Hacpille, son dirigeant, l’enjeu dépasse le simple business : « Brandt est une marque légendaire. Il y avait quelque chose à faire avant que ces savoir-faire industriels soient découpés et vendus aux quatre coins du monde ». Son objectif ? Transformer le site historique de Vendôme (Loir-et-Cher) en un pôle d’excellence pour la cuisson « made in France ».
Un plan de charge progressif
Le projet porté par Martin Hacpille ne mise pas sur une croissance artificielle, mais sur une montée en puissance par étapes. Comme il le souligne, « EverEver n’a pas vocation à être la grenouille qui se fait plus grosse que le bœuf » ; la start-up préfère donc avancer de manière raisonnée :
- Priorité aux plaques de cuisson : la production devrait démarrer rapidement avec des produits axés sur la réparabilité.
- Horizon 2028 : extension de l’activité à la fabrication de fours.
- Objectif 2029 : atteindre un chiffre d’affaires de 150 millions d’euros.
150 emplois dans le viseur
Sur le plan social, le repreneur potentiel affiche une volonté de revitalisation du bassin d’emploi. EverEver prévoit la création de 150 postes d’ici 2029. Si l’essentiel de l’activité se concentrera à Vendôme — choisi pour sa taille plus « agile » que le site d’Orléans — le groupe n’exclut pas de piocher dans les compétences des ex-salariés de Saint-Jean-de-la-Ruelle, notamment pour ses besoins en Recherche et Développement.
Le financement participatif comme levier
Pour soutenir cette ambition, EverEver ne compte pas uniquement sur les circuits financiers classiques. La start-up a lancé une levée de fonds participative sur Sowefund, invitant les citoyens et les professionnels à devenir acteurs de cette réindustrialisation responsable. Cette campagne est « l’élément fort qui aura un effet levier sur la dette », explique Martin Hacpille, afin de boucler un plan de financement global de 14 millions d’euros.
Le défi est de taille : prouver qu’une production locale, esthétique et durable peut rester compétitive face aux géants mondiaux du secteur. Mais les premiers signaux sont au vert : avec déjà 24 millions d’euros de contrats signés, le dirigeant estime que « cela illustre un intérêt majeur pour un électroménager responsable et réparable ».
Source : LeJournaldesEntreprises.

