Des chercheurs japonais et allemands ont trouvé comment récupérer la chaleur perdue des panneaux solaires pour la transformer en électricité. Une percée historique qui pourrait faire exploser leur rendement.

Panneaux solaires installés sur le toit d’une maison pour illustrer une percée scientifique sur le rendement photovoltaïque
Et si cette installation photovoltaïque classique pouvait doubler son rendement ? C’est le défi relevé par de récents travaux de recherche nippo-allemands. © AS_Photography / PixaBay

Et si les panneaux solaires de demain produisaient beaucoup plus d’électricité sans occuper davantage d’espace sur votre toiture ? C’est la promesse portée par une équipe de chercheurs de l’université de Kyushu au Japon et de l’université de Mayence en Allemagne. Ces scientifiques affirment avoir franchi un cap crucial dans la conversion de l’énergie solaire en s’attaquant à la chaleur dissipée.

Fin du gaspillage énergétique

Depuis des décennies, le rendement des panneaux solaires est limité par une barrière physique incontournable. En pratique, une cellule photovoltaïque classique ne convertit qu’environ un tiers de l’énergie reçue, le reste étant purement et simplement perdu sous forme de chaleur.

Le problème réside principalement dans les photons de haute énergie. Lorsqu’ils frappent le silicium, leur excédent de puissance n’est pas exploité et s’évapore instantanément, un peu comme si l’on tentait de remplir un verre d’eau avec une lance à incendie.

À lire également : Où installer ses panneaux solaires ? Le guide complet pour optimiser votre production photovoltaïque.

Le dédoublement singulet en action

C’est sur cette perte énergétique majeure que les chercheurs ont réalisé une véritable prouesse technique. Leur méthode novatrice repose sur une technique complexe appelée le dédoublement de l’état singulet.

Au lieu de laisser un photon de haute énergie générer un seul porteur d’électricité, le système le force à se diviser pour en créer deux. Cette mécanique ingénieuse permet d’atteindre un impressionnant rendement quantique de 130%, multipliant ainsi les états porteurs d’énergie.

À lire également : Panneaux solaires : Monocristallin, polycristallin ou bifacial, lequel choisir ?

Le rôle clé du molybdène

Pour réussir ce tour de force quantique, l’équipe internationale a dû délaisser les simples cristaux de silicium. Les scientifiques ont développé un complexe métallique inédit à base de molybdène, un matériau qui agit comme un émetteur à retournement de spin.

En modifiant l’état magnétique des électrons, ce système capture sélectivement l’énergie avant qu’elle ne puisse s’échapper. Le mécanisme de fuite énergétique a ainsi été drastiquement réduit, validant une approche qui échouait systématiquement par le passé.

Des laboratoires à nos toits

Malgré l’enthousiasme généré au sein de la communauté scientifique, cette technologie reste pour l’instant confinée aux laboratoires de recherche. Une commercialisation grand public pour les particuliers n’est donc pas envisageable à très court terme.

Un défi industriel majeur

Le principal obstacle technique consiste désormais à passer d’un système moléculaire liquide à des structures photovoltaïques solides. Les industriels devront s’assurer que ces nouveaux matériaux ne se dégradent pas sous l’effet des rayons ultraviolets. Si ce processus parvient à être stabilisé dans des panneaux rigides, le coût de l’énergie solaire pourrait s’effondrer durablement face aux énergies fossiles.

Source : Université de Kyushu.