Le partenariat entre Microsoft et Hexagon Robotics a été annoncé lors du CES 2026. L'objectif : déployer une armada de robots humanoïdes dans l'industrie. Et les technologies développées par la firme de Redmond pourraient aussi transformer nos foyers dans les années à venir.
Hexagon Robotics est une filiale du groupe suédois Hexagon, spécialisé dans les technologies de mesure. C’est lors du CES 2026, le salon tech de Las Vegas où la robotique était à l’honneur, que l’entreprise a annoncé son partenariat avec Microsoft. Le but est de faire en sorte que les robots humanoïdes puissent évoluer dans des environnements industriels entre l’automobile, l’aéronautique, la logistique ou encore l’entreposage.
Microsoft a présenté un robot capable de « ressentir » le toucher
Hexagon Robotics est un expert en fusion de capteurs et intelligence spatiale. Des talents qui pourront être combinés aux capacités cloud de Microsoft Azure. Parmi les autres missions au programme, le développement de cadres dits d’« IA physique » avec l’apprentissage par imitation, par renforcement et les modèles multimodaux vision-langage-action. Hexagon Robotics et Microsoft s’engagent aussi auprès de leurs clients à fournir des solutions robotiques alimentées par l’IA.
Pour faire simple, l’alliance permettra à AEON, le robot humanoïde industriel d’Hexagon Robotics lancé en juin 2025, de tirer parti des technologies de Microsoft. Ses capacités de détection de défauts en temps réel et d’intelligence opérationnelle seront boostées.
Ce partenariat se fait alors que Microsoft investit de plus en plus dans la robotique. Le 21 janvier 2026, l’entreprise a dévoilé Rho-alpha, son premier modèle d’IA dédié aux robots. Un modèle capable de traduire des commandes dans le langage naturel pour en faire des signaux de contrôle. Sa particularité est d’intégrer la perception tactile en plus de la vision et du langage. Pour résumer grossièrement, les robots de Rho-alpha « ressentent » pour adapter leurs mouvements selon le toucher. Cette capacité est indispensable pour manipuler des objets fragiles ou ajuster la force d’une prise.
Microsoft travaille aussi sur des technologies pour permettre aux robots d’apprendre des retours humains et de s’améliorer en continu. L’objectif est de créer des machines capables de comprendre les préférences des utilisateurs. À terme, dans nos maisons, les robots pourraient comprendre où il faut que quelque chose soit rangé ou encore quel type d’interaction adopter.
Et si les robots capables de « ressentir » arrivaient dans nos foyers ?
Si le partenariat entre Hexagon Robotics et Microsoft cible d’abord l’industrie, leurs technologies pourraient profiter aux robots domestiques. Le marché pour la maison est en pleine accélération. Lors du CES 2026, plusieurs constructeurs ont présenté des robots ménagers. LG a dévoilé CLOiD, un modèle sur roues avec deux bras articulés capable de plier le linge, ranger des objets ou lancer le lave-linge. SwitchBot a présenté Onero H1, un robot domestique qui promet d’être le pilier de la maison connectée.
Bref, les avancées de Microsoft avec Rho-alpha ont un intérêt pour la robotique à la maison. La compréhension du langage naturel, la perception tactile et l’apprentissage des préférences utilisateurs sont des capacités qui manquent aux robots actuellement sur le marché. Un robot aspirateur sait nettoyer un sol car la tâche est simple. Mais pour un robot humanoïde à la maison, c’est autre chose. Il lui faut manipuler des objets de diverses formes et s’adapter aux habitudes. Les modèles d’IA comme Rho-alpha pourraient être adaptés au foyer.
Hexagon Robotics et Microsoft n’ont pas communiqué sur une éventuelle disponibilité pour le grand public, mais le groupe suédois a déjà montré avec AEON sa capacité à créer des robots polyvalents. Ces machines sont déjà capables de manipuler des objets et d’effectuer des numérisations 3D, des fonctionnalités qui trouveraient naturellement leur place dans une maison entre électroménagers connectés, systèmes domotiques et préférences personnelles.
La robotique humanoïde, un marché qui va exploser
Goldman Sachs estime que le marché des robots humanoïdes atteindra 38 milliards d’euros d’ici 2035. La demande mondiale pourra atteindre 45 000 unités par an d’ici 2030, juste pour le secteur industriel. Pour la maison, c’est beaucoup plus incertain.
Pour rappel, Tesla envisage de commercialiser son robot Optimus dès 2027 pour un prix entre 20 000 et 30 000 dollars. Figure AI a présenté son modèle de troisième génération qui peut se déplacer en autonomie dans une maison. En Chine, ce sont plus de 150 entreprises qui sont sur le marché au point que les autorités alertent sur les risques de surcapacité.











