L’énergie solaire nous permet de vivre en autoconsommation. Il faut dire qu’installer des panneaux solaires chez soi est une bonne idée pour réduire ses factures. Force est cependant de constater qu’une question subsiste encore au cœur de cette transition énergétique : faut-il intégrer des batteries de stockage à son installation photovoltaïque ou se contenter d'une consommation directe ?

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Comprendre les mécanismes de l’autoconsommation en matière d’énergie solaire

Avant d’aborder la question du stockage, il convient de comprendre les différentes manières d’exploiter l’électricité verte produite par les panneaux solaires. En matière d’autoconsommation photovoltaïque, on peut opter pour :

  • Une autoconsommation intégrale : ce modèle vise à utiliser l’intégralité de l’électricité générée par les modules solaires pour alimenter directement les appareils domestiques.
  • Une autoconsommation avec revente : ici, on consomme une partie de la production. L’excédent est réinjecté dans le réseau public en échange d’une contrepartie financière.
  • Une vente intégrale : dans ce cas de figure, l’ensemble de l’électricité produite est injecté sur le réseau et fait l’objet d’un contrat de rachat avec EDF OA ou un autre acheteur.

Peu importe l’approche que vous adoptez pour consommer l’électricité générée par votre installation photovoltaïque, sachez que l’énergie solaire est par nature intermittente. Autrement dit, le jour, la production des panneaux solaires change en fonction de l’ensoleillement. D’ailleurs, elle est nulle la nuit. C’est pour cette raison qu’il est utile d’avoir une batterie. Celle-ci agit comme un réservoir permettant de conserver l’énergie produite en vue d’une utilisation ultérieure. Sans elle, l’énergie doit être consommée instantanément.

L’autoconsommation sans batterie : un concept simple et économique

Diverses raisons peuvent pousser à se tourner vers une installation solaire sans batterie. Mais le principal argument réside dans l’attrait financier de ce concept. En effet, l’absence d’unités de stockage réduit considérablement l’investissement initial, car les batteries représentent souvent une part importante du coût total d’une infrastructure photovoltaïque. Soit entre 30 à 60 % du prix total d’une installation avec stockage. De plus, l’injection du surplus dans le réseau permet de générer des gains via les tarifs de rachat.

Les autres bénéfices d’une énergie solaire sans batterie

En plus de l’aspect économique, le fait d’opter pour une installation solaire dépourvue d’accumulateur simplifie la maintenance. Les performances d’une batterie solaire diminuent avec le temps à cause principalement des cycles de charge/décharge répétés. Certes, la durée de vie d’un tel composant varie en fonction de la chimie utilisée, mais elle est en moyenne de 5 à 7 ans pour une batterie GEL/AGM, contre 10 à 15 ans ou plus pour un accumulateur lithium-fer-phosphate (LiFePO₄). Bien sûr, le prix augmente en fonction de la longévité.

Se passer d’un module de stockage élimine bien évidemment les contraintes d’entretien ainsi que les risques de panne qui y sont associés. Sur le plan écologique, les avantages d’une installation solaire sans batterie sont également non négligeables. Ce concept réduit par exemple l’empreinte carbone sur le long terme si le système est bien utilisé. Et pour cause, la fabrication et le recyclage des batteries impliquent des processus industriels énergivores qui requièrent souvent l’utilisation de métaux lourds et de produits chimiques dangereux pour l’environnement. En consommant directement l’énergie solaire, on minimise ainsi l’impact environnemental global de son système.

Les limites de l’autoconsommation sans stockage

Vivre en autoconsommation sans batterie implique une certaine dépendance au réseau puisque la production solaire est largement tributaire de l’ensoleillement. En d’autres termes, on doit puiser dans le réseau la nuit ou par temps couvert. Sans stockage, l’énergie solaire générée est « perdue » du moins en ce qui concerne votre usage personnel. Selon les spécialistes, avec une telle mode de consommation, on ne couvre que 20 à 40 % de ses besoins annuels en électricité, contre environ 60 à 80 % avec un système de stockage performant.

Si vous choisissez de ne pas installer de batteries, la clé du succès réside dans la synchronisation. Il faut adapter vos habitudes de vie au rythme du soleil. L’idée consiste à décaler l’usage des appareils les plus énergivores en milieu de journée.

L’autoconsommation avec batterie : une indépendance énergétique accrue

En dotant une installation solaire de batteries, on tend vers une plus grande autonomie énergétique. Il s’agit donc de l’approche optimale pour les propriétaires qui visent une indépendance maximale vis-à-vis des fournisseurs d’énergie et des fluctuations des tarifs de l’électricité.

Stocker pour mieux profiter de l’énergie solaire

La batterie offre une grande flexibilité. L’énergie accumulée pendant vos heures d’absence est disponible dès votre retour. Avoir un dispositif de stockage énergétique permet de faire face aux pannes de courant sur le réseau public, à condition d’avoir l’équipement requis (onduleur, batterie suffisante…). En réunissant ces conditions, les appareils critiques comme le réfrigérateur, l’alarme et la box internet peuvent être alimentés 24h/24 et 7j/7.

Un investissement à long terme

Certes, le coût associé à une installation solaire avec batterie est plus élevé, mais la rentabilité se calcule sur la part d’électricité qu’on n’achète plus au réseau. En augmentant son taux d’autoconsommation, on réduit considérablement sa facture sur le long terme, tout en se protégeant des futures hausses de prix de l’énergie.

Que faire du surplus ?

Que l’on profite d’une énergie solaire avec batterie ou non, il arrive souvent que la production dépasse la capacité de consommation ou de stockage. Dans ce cas, deux options sont disponibles :

  • La revente au réseau (EDF OA) : comme expliqué ci-dessus, ce concept consiste à injecter l’excédent de production sur le réseau public moyennant une contrepartie financière. Cela permet de générer un revenu complémentaire qui aide à amortir l’installation.
  • La batterie virtuelle : la batterie virtuelle fonctionne comme un « cloud » énergétique. Le surplus produit est comptabilisé par votre fournisseur et vous est restitué plus tard (la nuit ou en hiver) sous forme de crédit sur votre facture. Bien que pratique, cette solution implique souvent des frais d’abonnement et des taxes de transport d’énergie qui peuvent peser sur la rentabilité globale.