Alors que le printemps pointe le bout de son nez, près de 900 000 foyers français s'apprêtent à vivre un mois de mars sous haute tension. En cause ? Le calendrier de l'offre Tempo d'EDF qui impose de rattraper 13 "jours rouges" avant la fin du mois. Avec des tarifs en forte hausse depuis février, la vigilance est de mise pour éviter une note salée.

Illustration divisée : côté gauche bleu et paisible, côté droit rouge et orageux avec un éclair frappant des pièces de monnaie. Un calendrier au centre indique des jours rouges.
Concentration de jours rouges Tempo : attention à la facture d’électricité en mars.

Si vous avez souscrit à l’offre Tempo, vous le savez : l’économie se gagne au prix d’une discipline de fer durant l’hiver. Mais cette année, le scénario est inédit. Malgré une douceur record en février, les abonnés vont devoir affronter une concentration exceptionnelle de jours rouges en mars.

Le piège du calendrier : 13 jours rouges à placer en 31 jours

Le principe de Tempo est simple : 300 jours « bleus » (très peu chers), 43 jours « blancs » (moyens) et 22 jours « rouges » (très chers). Ces derniers doivent impérativement être placés entre le 1er novembre et le 31 mars.

Le problème ? Au 5 mars 2026, seuls 9 jours rouges ont été activés. Il en reste donc 13 à écouler en moins de quatre semaines. Comme les jours rouges ne peuvent pas être activés le week-end, RTE (Réseau de Transport d’Électricité) va devoir les concentrer sur les jours de semaine restants. Attendez-vous à des séries de 3 à 5 jours rouges consécutifs.

Une hausse tarifaire qui change la donne

La situation est d’autant plus critique que les tarifs ont bondi le 1er février 2026. Pour un client Tempo, le prix du kilowattheure en heures pleines lors d’un jour rouge s’établit désormais à 0,7060 €, soit une augmentation de 9,1 % par rapport à la saison précédente.

À titre de comparaison, c’est environ trois fois plus cher que le tarif Bleu « Base » classique. Selon les estimations, un foyer qui ne réduirait pas radicalement son usage lors d’une journée rouge s’expose à un surcoût direct de près de 6 € par jour. Sur 13 jours, l’erreur de gestion peut coûter près de 80 € supplémentaires sur la facture mensuelle.

Pourquoi activer des jours rouges s’il fait doux ?

C’est le paradoxe de ce mois de mars 2026. Si les températures sont clémentes, RTE a l’obligation contractuelle d’écouler le stock de jours rouges. L’algorithme de déclenchement, qui se base normalement sur la tension du réseau électrique, peut forcer l’activation des jours restants en fin de période pour respecter le contrat commercial d’EDF.

5 conseils pour « limiter la casse » en mars

Pour que l’offre Tempo reste rentable (elle permet normalement d’économiser environ 150 € par an), voici les réflexes à adopter impérativement ce mois-ci :

  • Chauffage au minimum : Chaque degré de moins réduit votre consommation de 7 %. Si vous avez un poêle à bois ou une cheminée, c’est le moment de les solliciter exclusivement.
  • Le décalage systématique : Ne lancez aucune machine (lave-linge, lave-vaisselle) entre 6h et 22h. Programmez-les pour la nuit (heures creuses).
  • Anticipez la veille : La couleur du lendemain est connue chaque jour à 11h. Consultez le site d’EDF ou l’application RTE-Écowatt pour vous organiser.
  • Cuisinez malin : Le four est extrêmement énergivore. Privilégiez des repas froids ou l’utilisation du micro-ondes durant les jours rouges.
  • Débranchez le superflu : Les veilles d’appareils (TV, consoles, ordinateurs) et les petits appareils électriques finissent par peser lourd quand le kWh est à 70 centimes.

L’avis de la rédaction : L’offre Tempo reste l’une des plus compétitives du marché pour ceux qui acceptent de jouer le jeu de la « sobriété choisie ». Cependant, ce mois de mars 2026 fait figure de test de résistance. Si vous n’êtes pas en mesure de couper votre chauffage électrique ou de décaler vos usages, ce mois-ci pourrait bien annuler toutes les économies réalisées durant l’été.