Soutenue par la Région Centre-Val de Loire et Orléans Métropole, une offre conjointe portée avec Gladius vise à reprendre l’ensemble des actifs de Brandt. Montant estimé : autour de 40 millions d’euros. Objectif affiché : garantir le service après-vente, sécuriser les sites et relancer l’activité industrielle à horizon deux à trois ans.
Un maigre espoir pour les ex-salariés de Brandt ? La Région Centre-Val de Loire et Orléans Métropole ont annoncé jeudi 19 février soutenir une offre de reprise des actifs de Brandt, associée au groupe Gladius. Présentée devant le tribunal des activités économiques de Nanterre, cette proposition vise à reprendre l’ensemble des actifs et des marques du groupe, mais sans aucun engagement pour les salariés… La décision du tribunal est attendue le 13 mars.
36 offres déposées, mais peu globales
Depuis la mise en liquidation de Brandt le 11 décembre dernier, 36 offres ont été déposées pour la reprise des marques, des usines et des actifs de l’ancien groupe centenaire (Brandt, Vedette, Sauter et De Dietrich). Mais la plupart des candidats – parmi lesquels Fnac Darty ou Noz – se concentrent principalement sur les stocks et les pièces détachées.
À l’inverse, l’offre soutenue par les collectivités et Gladius se veut globale et structurée. Elle inclut les marques, les stocks, le service après-vente et l’ensemble des sites industriels. Pour autant, il n’est aucunement question des salariés dans le communiqué de presse de Gladius. le groupe ne prend effectivement aucun engagement.
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Dans sa précédente offre, Gladius promettait de sécuriser la disponibilité des pièces et la continuité du service après-vente pour les clients déjà équipés. Mais le repreneur potentiel ne prévoyait de reprendre qu’environ 50 personnes, principalement sur le périmètre du service après-vente, soit une fraction des effectifs concernés par la fermeture des sites historiques. Ce qui n’a pas manqué de faire réagir les anciens salariés de Brandt.
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Une offre estimée autour de 40 millions d’euros
Selon des sources concordantes citées par l’AFP, le montant de l’offre tournerait autour de 40 millions d’euros. Les collectivités n’ont pas détaillé la nature précise de leur soutien financier. Les liquidateurs cherchent à recouvrer un maximum des créances de l’ancien groupe, estimées à environ 200 millions d’euros.
Une autre proposition d’un ordre de grandeur similaire, est soutenue par Metavisio-Thomson Consulting, via Stéphan Français. Elle prévoit la reprise du site d’Orléans et un élargissement vers des produits électroniques, avec la constitution d’un noyau de 150 salariés dès 2026. Cette offre est toutefois qualifiée de « fragile » par une source proche du dossier. Serge Grouard, le président d’Orléans Métropole, avait d’ailleurs initialement soutenu le projet de Metavisio Thomson Computing, avant de rejoindre Gladius. Il a déclaré ce jeudi 19 février que « Metavisio n’a plus besoin de notre soutien financier », indique La République du Centre. L’offre de Stéphan Français, qui compte reprendre 150 salariés, est portée à 43 millions d’euros, avec un nouveau venu, le fonds d’investissement Algest, et de belles perspectives de commandes en Afrique, selon le site du quotidien régional.
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Priorité immédiate : le service après-vente
Dans le projet porté avec Gladius, la première étape consiste à assurer une reprise du service après-vente sans délai. Gladius reprendrait le SAV afin de garantir la continuité des garanties et préserver la relation avec les distributeurs et les clients. Les stocks seraient également intégralement repris : les produits finis par Maxxilot et les stocks liés au SAV par Gladius.
Les sites industriels feraient l’objet d’un portage via des structures dédiées soutenues par les collectivités, afin de préserver l’outil productif.
Relancer Orléans en deux à trois ans
Dans un second temps, « d’ici deux à trois ans », l’objectif affiché est de relancer l’activité du principal site industriel situé près d’Orléans. Ce site produisait fours et plaques de cuisson et employait environ 350 personnes avant la liquidation. Comme vu précédemment, aucun engagement chiffré n’est pris à ce stade sur le nombre d’emplois recréés.
La production envisagée porterait notamment sur une gamme premium « Westpoint Gold », destinée prioritairement au Moyen-Orient et des produits sous marque Brandt pour le marché européen. Cette stratégie s’inscrit dans une montée en puissance progressive, conditionnée à la stabilisation des volumes.
Mais qui est Gladius ?
Créé en 1969, Gladius est un groupe familial français présent dans la distribution, la gestion de marques et le service après-vente de biens d’équipement. L’entreprise est active dans plus de 90 pays, notamment à travers la marque Westpoint. Elle revendique un chiffre d’affaires consolidé de 171 millions d’euros fin 2024 et 219 collaborateurs.
Présente dans l’électroménager depuis 2024 via l’acquisition de la société bordelaise CFEE – détentrice notamment de la marque Westpoint – Gladius affiche aujourd’hui l’ambition de piloter une reprise industrielle structurée.
Le cabinet du ministère délégué à l’Industrie, dirigé par Sébastien Martin, indique suivre la situation de près, sans commenter à ce stade. La décision du tribunal déterminera si cette stratégie de reprise globale de Gladius l’emporte face aux offres plus ciblées, dans un dossier qui engage l’avenir d’un nom historique de l’électroménager français.
Source : Le Figaro/AFP, La République du Centre








