Après une saison 2025 marquée par des incendies d’une intensité inédite à proximité des zones habitées, l’ONF alerte sur un chiffre clé : 90 % des maisons touchées se trouvaient sur des terrains non débroussaillés. Alors que l’hiver est la période la plus favorable pour intervenir, l’organisme rappelle que le débroussaillement est une obligation légale pour les habitations situées à moins de 200 mètres de zones boisées à risque, et détaille les gestes à adopter pour créer une véritable ceinture de sécurité autour de son logement.
Les incendies de 2025 ont laissé une empreinte spectaculaire sur les territoires concernés, notamment dans le sud de la France. Près de 190 constructions ont été sévèrement endommagées ou entièrement détruites à la suite de feux de forêt ou de végétation. Un constat s’est imposé au fil des analyses : 90 % des maisons touchées se trouvaient sur des terrains non débroussaillés ou insuffisamment entretenus, indique l’Office nationale des Forêts dans un communiqué publié mardi 17 février. Loin d’être un simple « coup de propre » autour de la maison, le débroussaillement apparaît plus que jamais comme un geste de sécurité majeur.
Dans ce contexte, l’ONF rappelle les obligations légales de débroussaillement (OLD). Ces obligations, encore trop méconnues, jouent pourtant un rôle déterminant dans la prévention des feux de forêt et de végétation, ainsi que dans la réduction de leurs impacts lorsqu’un sinistre survient.
Un geste de prévention, pas une option
Débroussailler, c’est d’abord créer une véritable ceinture de sécurité autour de son habitation. En réduisant la quantité et la continuité de végétation inflammable, cette action limite l’intensité et la propagation du feu, protège la maison et son environnement immédiat, tout en facilitant l’intervention des secours en cas de départ de feu à proximité.
Il ne s’agit pas d’une simple recommandation : le débroussaillement est une obligation légale pour tous les propriétaires de bâtiments situés à l’intérieur ou à moins de 200 mètres de zones boisées, landes, maquis ou garrigues classés à risque d’incendie. Avec l’allongement des saisons de feu sous l’effet du changement climatique et la progression du risque vers de nouvelles régions, le périmètre concerné s’est élargi. En 2025, la liste des départements soumis à ces obligations est passée de 43 à 48, ce qui représente près de 7400 communes.
L’hiver, le meilleur moment pour agir
Contrairement aux idées reçues, ce n’est pas à l’approche de l’été qu’il faut s’y mettre, mais bien dès l’hiver. La végétation est moins dense durant cette période de l’année, les feuilles sont tombées, ce qui rend les interventions plus simples, plus rapides et plus efficaces. La visibilité est meilleure, le volume de végétaux à évacuer est réduit et les travaux lourds – broyage de buissons, élagage, voire abattage d’arbres trop proches des habitations – peuvent être programmés dans de meilleures conditions, explique l’ONF.
Mieux vaut anticiper et débroussailler avant le printemps et l’été pour sécuriser son terrain et son logement. Attendre les premiers épisodes de chaleur, c’est souvent se retrouver pris de court, au moment où les risques sont déjà au plus haut et où les chantiers deviennent plus difficiles à organiser, insiste l’organisme.
9 actions essentielles autour de la maison
Pour rendre ces obligations plus concrètes, l’ONF rappelle les 9 gestes qui structurent un débroussaillement efficace autour d’une habitation :
- Couper la végétation buissonnante afin de limiter la continuité du combustible et casser l’effet de « nappe » inflammable.
- Supprimer les branches en contact avec la maison, et si nécessaire certains arbres lorsqu’ils sont trop proches ou se touchent entre eux, afin de limiter la propagation du feu jusqu’aux façades et aux toitures.
- Élaguer les arbres conservés pour réduire la continuité verticale du feu, en évitant que les flammes ne progressent trop facilement du sol jusqu’aux couronnes.
- Enlever les arbustes sous les arbres, qui servent de relais au feu entre la végétation basse et les branches plus hautes.
- Couper les végétaux trop proches des constructions, en particulier les massifs décoratifs, et éviter les paillages végétaux dans les allées, très inflammables en cas de projections.
- Limiter la hauteur, la largeur et la longueur des haies et les maintenir à distance des bâtiments pour qu’elles ne fassent pas office de “mèche” continue jusqu’aux maisons.
- Nettoyer régulièrement les gouttières pour retirer feuilles mortes et aiguilles de pin, susceptibles de s’embraser sous l’effet des brandons.
- Éloigner les réserves de bois et tout autre stock de combustibles (palettes, matériaux, déchets verts) des constructions.
- Veiller à évacuer correctement les résidus végétaux en déchetterie, plutôt que de les conserver en tas près de la maison, où ils pourraient alimenter un feu.
Ces actions, combinées, permettent de réduire fortement l’exposition directe de l’habitation aux flammes et aux projections, et de donner un temps précieux aux secours pour intervenir.
Un enjeu de culture du risque
Le débroussaillement doit être perçu comme un réflexe de base pour tout propriétaire situé en zone à risque. Au‑delà de la stricte conformité réglementaire, il s’agit d’installer une culture du risque partagée : comprendre que le paysage autour de la maison peut faire la différence entre un feu maîtrisable et un sinistre dévastateur.
Source : ONF











