Pour sa première participation à l’IFA, Xiaomi expose plus de 380 produits et met en avant son écosystème Human × Car × Home. Avec l’arrivée massive de Mijia en Europe, la marque veut désormais connecter l’ensemble du foyer autour de Xiaomi HyperOS et de l’IA.
Xiaomi ne veut définitivement plus être considéré comme un simple fabricant de smartphones. Pour sa première participation à l’IFA de Berlin, le groupe chinois a mis les petits plats dans les grands, surtout avec l’absence remarquée de Samsung cette année. La marque chinoise occupe ainsi plus de 3300 m² et rassemble plus de 380 produits pour une présentation très ambitieuse qui va du smartphone pliant XIaomi 18 Fold à la voiture électrique SU7.
Xiaomi cherche surtout à démontrer comment toutes ces catégories peuvent fonctionner ensemble. Sa stratégie porte un nom : « Human × Car × Home », un écosystème destiné à relier appareils personnels, équipements de la maison et automobile autour d’un même utilisateur. Pour se rendre incontournable…
À Berlin, l’enjeu est particulièrement important pour l’Europe. L’expansion de Mijia, la marque maison de Xiaomi, doit donner au groupe les moyens d’occuper beaucoup plus largement le logement, tandis que l’arrivée de Xiaomi Auto sur le continent est annoncée pour 2027.
« L’Europe est un marché clé dans la stratégie globale de Xiaomi », précise Xu Fei, CMO de Xiaomi. « Avec l’expansion de Mijia en Europe et l’arrivée prévue de Xiaomi Auto sur le marché européen en 2027, les trois piliers de notre écosystème, les appareils personnels, les véhicules intelligents et la maison connectée, vont progressivement se réunir dans la région. Il s’agit de mettre la technologie et les capacités de l’écosystème de Xiaomi à la disposition d’un plus grand nombre d’utilisateurs dans toute la région. »
De la cuisine à la voiture, plus de 380 produits dans un même écosystème
La gamme présentée à l’IFA couvre sept grandes catégories : cuisine et conservation des aliments, entretien de la maison, qualité de l’air, divertissement audiovisuel, sécurité, appareils personnels et mobilité intelligente.
La véritable nouveauté n’est donc pas qu’un fabricant propose simultanément des smartphones, des appareils électroménagers ou des objets connectés. Xiaomi veut surtout faire communiquer toutes ces familles de produits au niveau du système. C’est le principal enjeu et l’ambition de beaucoup de fabricants désormais.
Le ciment de cet ensemble est Xiaomi HyperOS, associé aux technologies d’intelligence artificielle du groupe.
L’objectif consiste à dépasser la simple application capable d’allumer ou d’éteindre un équipement à distance. Xiaomi veut que les appareils connaissent suffisamment le contexte pour coordonner eux-mêmes certaines actions, avec l’autorisation de leur propriétaire.
La maison pourrait se préparer avant même votre arrivée
Xiaomi donne plusieurs exemples assez parlants. Lorsque l’utilisateur rentre chez lui, le système pourrait combiner des informations comme l’heure, sa localisation ou la météo pour préparer son logement avant son arrivée.
L’éclairage et la climatisation pourraient ainsi être ajustés automatiquement. Une fois à l’intérieur, différents équipements pourraient également fonctionner conjointement. Xiaomi imagine par exemple qu’une simple demande comme « imprime la photo que je viens de prendre » suffise pour faire communiquer plusieurs appareils sans que l’utilisateur ait à transférer lui-même le fichier.
Même logique pour la lecture : éclairage, rideaux et température pourraient simultanément s’adapter à cette activité.
C’est finalement là que se trouve le cœur du projet de Xiaomi : passer d’une maison où chaque appareil connecté possède ses propres automatismes à une intelligence commune capable de comprendre ce que l’utilisateur est en train de faire.
Mijia devient le pilier de Xiaomi dans la maison
Cette stratégie prend une dimension beaucoup plus concrète avec l’arrivée à grande échelle de Mijia en Europe. La marque constitue désormais le principal pilier « Home » de Xiaomi sur le continent.
Mijia est loin d’être une petite gamme d’objets connectés. Xiaomi annonce aujourd’hui plus de 2000 produits répartis dans 130 catégories, tous conçus pour prendre place au sein du même écosystème.
L’ambition est donc considérable : couvrir progressivement une grande partie des équipements utilisés dans une habitation.
Le pilotage doit notamment passer par l’application Xiaomi Home, qui sert d’interface commune aux produits compatibles.
Mais Xiaomi insiste justement sur sa volonté de dépasser cette logique de télécommande universelle.
La marque décrit une évolution allant d’une succession d’appareils connectés individuellement vers une coordination globale de la maison, dans laquelle les équipements réagissent les uns aux autres et à leur environnement.
Xiaomi veut faire passer l’IA de l’écran au monde physique
Derrière cette multiplication des appareils se trouve une autre ambition : donner à l’intelligence artificielle la possibilité d’agir directement dans l’environnement physique.
Jusqu’ici, l’IA grand public reste essentiellement associée à un smartphone ou à un ordinateur auquel on pose une question. Xiaomi estime que l’étape suivante consiste à lui permettre de comprendre le contexte puis, après autorisation, d’utiliser différents équipements pour effectuer une action réelle.
C’est là que disposer simultanément du téléphone, des objets de la maison et éventuellement de la voiture prend tout son sens pour le constructeur. L’IA pourrait ainsi disposer de différents éléments de contexte issus de ces appareils et déterminer quels équipements doivent intervenir.
Xiaomi résume cette évolution comme le passage d’une intelligence qui répond à une intelligence qui peut davantage anticiper.
Déjà 1,1 milliard d’appareils connectés
Le groupe ne part pas de zéro pour construire cette plateforme. Xiaomi revendique désormais plus de 1,1 milliard d’appareils connectés au sein de son environnement AIoT et plus de 175 millions d’utilisateurs et foyers dans le monde.
Cette base donne évidemment une tout autre dimension à Human × Car × Home : le constructeur dispose déjà d’une immense flotte d’appareils capable de servir de socle à ses futurs services.
L’entreprise développe parallèlement ses propres modèles d’intelligence artificielle et investit dans ses systèmes d’exploitation, ses semi-conducteurs et ses outils de production.
Entre 2026 et 2030, Xiaomi prévoit plus de 24 milliards d’euros d’investissements mondiaux en recherche et développement, notamment dans l’IA, les systèmes d’exploitation, les puces, les véhicules intelligents, la robotique et la fabrication automatisée.
Xiaomi fabrique aussi son propre électroménager
L’IFA permet également de mesurer les ambitions industrielles de la marque. Xiaomi explique avoir développé en Chine des capacités de production intelligente dans trois domaines : smartphones, voitures et électroménager.
Son usine de Wuhan regroupe recherche, production et validation et comprend 46 laboratoires. À pleine cadence, Xiaomi affirme pouvoir y produire un climatiseur toutes les 6,5 secondes.
Le groupe expérimente même l’utilisation de robots humanoïdes dans ses chaînes de fabrication, notamment pour certaines opérations dans ses usines automobiles.
Xiaomi profite donc du salon européen de l’électronique grand public pour afficher ses ambitions européennes, au moment où des groupes concurrents comme Dreame, Ecovacs et Roborock accélèrent également. Avec le retrait du géant coréen Samsung, le salon de Berlin s’est mis à l’heure chinoise.

