Une machine à laver Miele offre plus d'un million de combinaisons de réglages. Avec Cary, la marque propose d'en supprimer la totalité — et admet au passage avoir créé le problème.

Concept de lave-linge Miele Cary à commande unique
Miele Cary imagine un lave-linge capable d’adapter automatiquement ses réglages avec un seul bouton. © Miele

Présentée le 2 septembre à l’IFA de Berlin, Cary n’est pas un produit. C’est une étude de concept d’un lave-linge nouvelle génération, sans date de commercialisation, sans prix et sans engagement de la part de Miele. La marque y expose une idée simple : que la machine reconnaisse seule ce qu’on met dedans — types de textiles, couleurs — et en déduise le programme, le cycle et la dose de lessive. Il ne resterait à l’utilisateur qu’un geste : charger, appuyer sur départ.

Le chiffre qui sert de point de départ à Miele mérite d’être relevé. Entre les programmes, les températures, les vitesses d’essorage, les options et le dosage, le lave-linge de la marque totalise plus d’un million de combinaisons de réglages possibles.

Un million de combinaisons, et un seul bouton

C’est l’aveu le plus intéressant de cette annonce. La complexité que Miele propose aujourd’hui de faire disparaître, c’est l’industrie de l’électroménager qui l’a construite, décennie après décennie, en empilant les programmes et les options comme autant d’arguments de vente sur l’étiquette du magasin.

Le raisonnement que la marque met en avant est cohérent : plutôt que d’exiger de l’utilisateur qu’il comprenne sa machine, faire en sorte que la machine comprenne le linge. Dr Clemens Philippson, qui dirige la division lavage chez Miele, résume la cible en trois temps — charger, appuyer, terminé.

Sur le fond, l’argument porte. Le bon programme protège les vêtements, et une part importante de l’usure prématurée du textile vient d’un mauvais choix de cycle ou de température. Une reconnaissance fiable serait un vrai service, pas seulement un gain de confort.

Un concept qui laisse encore beaucoup de questions ouvertes

Avec Cary, Miele présente avant tout une vision de ce que pourrait devenir le lave-linge à l’avenir. La marque évoque une « reconnaissance intelligente du linge » et le recours à l’intelligence artificielle, mais sans détailler pour l’instant les technologies qui permettraient d’y parvenir. Caméra, capteurs intégrés au tambour, analyse des textiles ou autres solutions : plusieurs pistes sont envisageables.

Ce flou est assez logique à ce stade. Miele parle d’ailleurs de fonctions que les capteurs et l’IA devront assurer, signe que Cary reste encore une étude de concept plutôt qu’un appareil prêt à être commercialisé. L’objectif semble surtout être de montrer une direction : celle d’un lave-linge capable de prendre lui-même en charge une grande partie des réglages aujourd’hui laissés à l’utilisateur.

Le design participe à cette démarche. Interface réduite au minimum, façade vitrée et lignes très épurées cherchent à rendre l’appareil plus discret et plus simple à appréhender. Avec Cary, Miele ne présente donc pas encore le lave-linge de demain, mais plutôt sa vision de ce qu’il pourrait devenir.

Le vrai signal, c’est la convergence

Pris isolément, Cary serait anecdotique — les salons regorgent de concepts qui ne sortiront jamais. Ce qui le rend intéressant, c’est qu’il arrive au milieu d’une IFA 2026 où toutes les grandes marques poussent exactement la même idée, chacune de son côté.

Miele annonce le même jour un lave-vaisselle à caméra qui choisit son programme seul. Siemens présente un four qui identifie plus de cent plats. AEG propose une table de cuisson qui cuit les pâtes sans surveillance. LG, de son côté, veut faire de sa plateforme ThinQ le cerveau central du logement, et Samsung met l’IA au service de la consommation de ses lave-linge.

Le message est identique partout : l’appareil ne se contente plus d’exécuter, il décide. Le pari commercial est que les acheteurs sont fatigués de choisir. Il reste à savoir s’ils accepteront de ne plus pouvoir le faire.

Ce qu’il faut en retenir

Cary reste pour l’instant une étude de concept : Miele ne communique ni date de commercialisation ni prix, et rien ne permet encore de savoir si ce lave-linge arrivera un jour tel quel sur le marché.

L’intérêt du projet est surtout ailleurs. Il montre la direction que Miele souhaite explorer : des appareils plus simples à utiliser, capables d’adapter automatiquement leurs réglages au linge. Une partie de cette philosophie se retrouve déjà de manière plus concrète dans les gammes W2/T2, avec le dosage automatique et l’ajustement du cycle en fonction de la charge. Cary pousse simplement cette logique beaucoup plus loin.

Sources : communiqué Miele.