Les taies d’oreiller en soie et en satin promettent moins de frisottis, moins de nœuds et des cheveux mieux préservés pendant la nuit. La réduction des frottements repose sur un mécanisme scientifique crédible. Mais les preuves disponibles ne permettent pas d’attribuer à ces taies tous les bienfaits parfois avancés par les fabricants.
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Vous vous réveillez régulièrement avec les cheveux emmêlés ou couverts de frisottis après une nuit passée sur votre matelas ? La taie d’oreiller peut effectivement avoir une influence. Mais il faut bien comprendre laquelle.
Contrairement à ce que pourraient laisser entendre certaines publicités, une taie en soie ne répare pas les cheveux pendant la nuit et ne stimule pas leur croissance. Son principal intérêt potentiel est beaucoup plus simple : limiter les frottements auxquels les fibres capillaires sont soumises lorsque la tête bouge sur l’oreiller.
Et sur ce point, les connaissances scientifiques sur le cheveu sont plutôt solides.
La friction peut réellement abîmer la fibre capillaire
Un cheveu est constitué notamment d’un cortex entouré d’une cuticule formée de petites écailles superposées. Cette enveloppe extérieure protège la fibre, mais elle peut progressivement se détériorer sous l’effet de différentes agressions physiques et chimiques.
Les recherches consacrées à la fibre capillaire montrent notamment que l’augmentation des frottements est associée à une moins bonne capacité des cheveux à glisser les uns sur les autres et à une augmentation du risque de rupture.
Une revue scientifique consacrée au fonctionnement de la fibre capillaire décrit ainsi la perte de la couche lipidique protectrice de la surface du cheveu comme un facteur augmentant à la fois le coefficient de friction et la tendance de la fibre à se casser.
D’autres travaux consacrés aux dommages subis par les cheveux identifient également les frottements liés au lavage, au séchage avec une serviette ou aux accessoires comme des agressions mécaniques capables d’endommager leur surface.
Autrement dit, réduire les frottements auxquels un cheveu est soumis est bien un objectif pertinent pour limiter son usure mécanique.
Mais qu’en est-il précisément de l’oreiller ?
Nous passons plusieurs heures chaque nuit avec les cheveux au contact de l’oreiller et nous changeons régulièrement de position. Il est donc logique que la surface de la taie intervienne dans les frottements subis par les cheveux.
L’American Academy of Dermatology (AAD) conseille d’ailleurs aux personnes ayant les cheveux bouclés de limiter les frottements pendant leur sommeil. L’association américaine de dermatologues indique que l’utilisation de bonnets ou de taies en satin ou en soie peut réduire les frottements et aider à préserver la coiffure.
Elle précise également que les frottements contre la taie peuvent rendre les cheveux plus sujets aux frisottis et à la casse.
La Cleveland Clinic formule une recommandation similaire. La dermatologue Shilpi Khetarpal explique notamment que les cheveux mouillés sont plus fragiles et que le frottement contre l’oreiller peut contribuer à leur casse. Elle cite le passage d’une taie en coton à une taie en satin ou en soie parmi les moyens permettant de réduire ce phénomène.
Ce que les études ne démontrent pas encore
Ces recommandations ne doivent toutefois pas être interprétées comme la preuve qu’une taie en soie transforme l’état des cheveux.
La littérature scientifique est beaucoup plus abondante sur la friction et les mécanismes de dégradation du cheveu que sur les taies d’oreiller elles-mêmes.
Les essais contrôlés comparant directement, pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois, des personnes dormant sur du coton, de la soie ou du satin restent limités.
Il est donc raisonnable de dire qu’une surface plus lisse peut réduire les frottements et potentiellement limiter l’emmêlement, les frisottis ou certaines contraintes mécaniques.
En revanche, il serait beaucoup plus difficile d’affirmer scientifiquement qu’une taie en soie permet à elle seule de réduire fortement la casse ou d’améliorer durablement la santé du cheveu.
Pourquoi une surface lisse peut aider
Le principe repose essentiellement sur le coefficient de friction entre le cheveu et la matière avec laquelle il entre en contact.
Plus la surface facilite le glissement de la fibre, moins celle-ci est susceptible d’être accrochée ou tirée lorsque la tête bouge.
Des travaux réalisés sur les propriétés physiques des cheveux montrent d’ailleurs que la friction intervient directement dans leur comportement mécanique. Une étude récente portant sur le peignage répété de mèches de cheveux conclut notamment que la friction joue un rôle majeur dans la formation des fragments de cheveux observés lors du peignage.
Cela ne porte pas directement sur une taie d’oreiller, mais cela confirme l’importance du phénomène physique sur lequel repose la recommandation.
Soie et satin ne désignent pas la même chose
Autre point essentiel : une taie en satin n’est pas forcément une taie en soie.
La soie correspond à une fibre, généralement produite à partir des cocons du ver à soie.
Le satin correspond avant tout à une structure de tissage permettant d’obtenir une surface particulièrement lisse. Il peut être fabriqué en soie, mais aussi en polyester ou à partir d’autres fibres.
Cette distinction est importante, car si l’objectif est uniquement de réduire les frottements sur les cheveux, c’est en grande partie la qualité de surface du tissu qui importe.
Une taie en satin synthétique suffisamment lisse peut donc présenter un intérêt sans nécessiter l’achat d’une taie en véritable soie beaucoup plus coûteuse.
Il n’existe pas, à notre connaissance, de données cliniques suffisamment solides permettant d’affirmer qu’une taie en soie offre nécessairement de meilleurs résultats capillaires qu’une bonne taie en satin synthétique.
Une taie en coton abîme-t-elle forcément les cheveux ?
Non.
Il serait également incorrect d’en conclure que dormir sur du coton est mauvais pour les cheveux.
Les propriétés d’une taie dépendent de nombreuses caractéristiques : nature des fibres, tissage, densité, finition ou encore usure du tissu.
Un coton très doux peut donc présenter une surface relativement lisse alors qu’un autre tissu pourra être nettement plus rugueux.
Le problème n’est donc pas le coton en lui-même, mais le niveau de friction produit au contact des cheveux.
Les cheveux bouclés ou fragilisés ont probablement davantage à y gagner
L’intérêt d’une taie très lisse n’est probablement pas identique pour tout le monde.
Les personnes ayant les cheveux bouclés ou très texturés peuvent être davantage concernées par les frisottis et l’emmêlement. C’est d’ailleurs précisément pour ce type de cheveux que l’American Academy of Dermatology recommande l’utilisation de soie ou de satin pendant la nuit.
Les cheveux décolorés ou chimiquement traités peuvent eux aussi présenter une cuticule plus altérée et des propriétés mécaniques différentes. Les travaux scientifiques montrent notamment qu’une augmentation de la friction accompagne certaines formes de dégradation de la surface capillaire.
À l’inverse, une personne ayant les cheveux courts, résistants et peu sujets aux nœuds pourrait constater une différence beaucoup plus faible.
La taie en soie n’hydrate pas directement les cheveux
C’est l’une des affirmations commerciales sur lesquelles il faut être particulièrement prudent.
On lit régulièrement que les taies en soie « hydratent » les cheveux ou empêchent leur déshydratation.
Or une taie d’oreiller n’apporte évidemment aucune eau au cheveu.
Certains tissus peuvent avoir des propriétés différentes en matière d’absorption et de transfert de l’humidité, mais cela ne suffit pas à affirmer qu’une taie en soie hydrate la fibre capillaire.
Les travaux sur les soins capillaires montrent en revanche que la lubrification de la surface du cheveu et la réduction de la friction peuvent faciliter le démêlage et limiter certaines agressions mécaniques.
Ce mécanisme est beaucoup mieux documenté.
Et elle ne fait pas pousser les cheveux plus vite
Même constat pour les promesses concernant la croissance.
La pousse du cheveu provient du follicule situé dans le cuir chevelu. Une taie d’oreiller ne peut donc pas accélérer directement l’activité de ce follicule.
Réduire la casse pourrait éventuellement permettre de conserver davantage de longueur sur des cheveux très fragiles. Mais cela ne signifie absolument pas que le cheveu pousse plus rapidement.
Cette nuance est essentielle.
Deux taies en soie pour passer de la théorie à la pratique
Si vous souhaitez tester concrètement l’effet d’une surface plus lisse sur vos cheveux, nous avons retenu deux taies en soie de mûrier, mais à des niveaux de prix très différents.
Emily’s Pillow – Taie d’oreiller en Pure Soie de Mûrier – 22 Mommeà partir de 75,00 € chez amazon.fr
À 75 €, la taie Emily’s Pillow se positionne clairement sur le segment haut de gamme. Elle s’adresse à ceux qui recherchent avant tout une véritable taie en soie et sont prêts à investir davantage dans leur linge de lit.
Adubor Taie Oreiller 100% Soie, 22 Momme Soie de Mûrierà partir de 24,69 € chez amazon.fr
À l’autre bout de la sélection, la Adubor 22 mommes constitue une alternative nettement plus accessible, autour de 25 €. Elle est elle aussi annoncée en soie de mûrier, avec un grammage de 22 mommes et une fermeture éclair dissimulée. Elle profite par ailleurs d’un très grand nombre d’avis sur Amazon, ce qui en fait une option intéressante pour découvrir la soie sans dépenser 70 ou 80 €.
Dans les deux cas, l’intérêt attendu reste le même : profiter d’une surface plus lisse afin de limiter les frottements pendant la nuit. Il ne faut en revanche pas reprendre à la lettre toutes les promesses avancées par les fabricants, notamment celles portant sur l’hydratation, le vieillissement de la peau ou la santé du cheveu, qui vont nettement plus loin que ce que permettent d’affirmer les données scientifiques disponibles.
Notre sélection :
- Emily’s Pillow 100 % soie de mûrier : le choix haut de gamme, autour de 75 €.
- Adubor 100 % soie de mûrier 22 mommes : l’alternative plus accessible, autour de 25 €.
Alors, faut-il acheter une taie en soie ?
Il existe finalement une bonne raison scientifique d’essayer une taie plus lisse : réduire les frottements auxquels les cheveux sont soumis pendant plusieurs heures chaque nuit.
L’intérêt peut être particulièrement pertinent pour les personnes aux cheveux bouclés, longs, décolorés ou facilement emmêlés.
Mais acheter une véritable taie en soie coûteuse n’est pas forcément indispensable. Si l’objectif recherché est essentiellement de diminuer les frottements, une taie en satin synthétique de bonne qualité peut également être intéressante.
La conclusion est donc beaucoup plus nuancée que les promesses marketing : la science soutient le principe de réduction des frottements, mais elle ne démontre pas que dormir sur de la soie constitue un soin miracle pour les cheveux.
Souces : American Academy of Dermatology, Cleveland Clinic et Revue scientifique Systems Approach to Human Hair Fibers.









