Météo-France confirme une accalmie temporaire, puis une nouvelle remontée des températures dès jeudi 2 juillet. Les fortes chaleurs devraient s’étendre ce week-end, mais l’intensité exacte du prochain épisode reste encore incertaine.
La France sort à peine d’une vague de chaleur historique que la question d’un nouvel épisode caniculaire se pose déjà. Mardi 30 juin, Météo-France a publié un nouveau point de situation qui confirme une baisse temporaire des températures sur une grande partie du pays, mais aussi une nouvelle remontée du mercure dès la fin de semaine.
Cette mise à jour tombe à pic après le débat lancé quelques jours plus tôt par Monique Barbut. Sur France Inter, la ministre de la Transition écologique avait évoqué de « fortes probabilités » de retour des « chaleurs extrêmes » à partir de la semaine du 6 juillet et jusqu’au 14 juillet. Interrogée sur une possible troisième canicule, elle avait répondu : « Exactement ».
La formule avait suscité des réactions chez plusieurs professionnels de la météo, qui appelaient à la prudence. Le bulletin de Météo-France publié ce mardi permet désormais d’y voir un peu plus clair. Le risque d’un nouvel épisode de fortes chaleurs est bien réel. Mais son intensité, sa durée et son extension géographique restent encore à préciser.
La canicule actuelle touche à sa fin
Dans son point du mardi 30 juin, Météo-France indique en tout cas que la baisse des températures se poursuit en ce début de semaine sur une grande partie du pays. Les fortes chaleurs persistent surtout sur le quart sud-est, notamment autour de la Méditerranée, en Corse, dans le Var et les Alpes-Maritimes.
Sur le reste du territoire, les températures ont baissé d’un cran. Elles restent toutefois encore 2 à 5 °C au-dessus des normales de saison. La baisse des minimales permet néanmoins de rafraîchir les habitations, avec par exemple 17 °C relevés dans la nuit à Paris-Montsouris.
Mercredi et jeudi, une nouvelle baisse de quelques degrés doit mettre fin à l’épisode caniculaire débuté le 17 juin. Ce point est important : Météo-France parle bien d’une sortie progressive de cette vague de chaleur historique, avant une nouvelle hausse en fin de semaine.
Une nouvelle remontée dès jeudi
L’accalmie sera donc de courte durée. À partir de jeudi, les conditions anticycloniques doivent effectivement se renforcer. La hausse des températures commencera par le Sud-Ouest, avant de s’étendre au reste du pays à partir de vendredi.
« En fin de semaine, Météo-France prévoit des conditions propices à de fortes chaleurs, avec des maximales à plus de 30 °C qui deviendront de plus en plus fréquentes sur le pays. « En fin de semaine, les conditions anticycloniques vont être propices à de fortes chaleurs (maximales à plus de 30 °C), qui vont devenir de plus en plus fréquentes sur le pays », explique Météo France. Les fortes chaleurs devraient ensuite s’étendre par le sud à partir du week-end.
Pour la semaine suivante, la configuration météorologique sur l’Europe apparaît favorable à la poursuite de conditions anticycloniques et à une anomalie chaude significative sur l’ensemble du pays.
C’est ce point qui nourrit l’hypothèse d’un nouvel épisode caniculaire. Mais Météo-France précise aussi qu’il reste difficile, à cet horizon de prévision, d’être plus précis sur l’intensité exacte des fortes chaleurs.
Troisième canicule : un scénario probable, mais pas encore totalement qualifié
Le prévisionniste de Météo France Patrick Galois indique à l’AFP que les températures devraient repartir à la hausse à partir de vendredi et du week-end, avec des valeurs « sans doute au-dessus de 35 °C » dans certaines zones.
Il précise toutefois que toutes les régions ne seront pas forcément concernées. La durée et l’intensité de cet épisode ne peuvent pas encore être estimées avec certitude.
C’est toute la nuance à apporter au mot “canicule” (cf encadré ci dessous). Dans le langage courant, on parle vite de canicule dès que les températures dépassent 30 ou 35 °C plusieurs jours de suite. Mais, pour Météo-France, la canicule répond à des seuils départementaux précis, avec des températures élevées de jour comme de nuit pendant plusieurs jours.
Autrement dit, le scénario d’un troisième épisode de fortes chaleurs est désormais bien installé. Celui d’une troisième canicule devra être confirmé par les seuils atteints, les nuits, la durée et les vigilances départementales.
Un contexte déjà très éprouvant
Cette nouvelle hausse serait d’autant plus problématique qu’elle intervient après une vague de chaleur exceptionnelle. Météo-France qualifie l’épisode en cours de canicule d’une sévérité exceptionnelle. Il dépasse celui d’août 2003 en intensité et s’en rapproche en durée.
Les journées des mercredi 24 et jeudi 25 juin ont été les plus chaudes jamais enregistrées en France, avec pour la première fois une moyenne nationale sur 24 heures atteignant 30 °C. Les après-midis ont également battu des records, avec 38,5 °C de moyenne des maximales mercredi et 38 °C jeudi. La nuit de mercredi à jeudi a aussi été la plus chaude jamais mesurée, avec 22 °C en moyenne des minimales.
Dans ce contexte, même une courte accalmie ne suffit pas forcément à soulager durablement les organismes, les logements et les infrastructures.
Le facteur aggravant : pas de vraie pause pluvieuse
Patrick Galois souligne un autre point important : entre les deux épisodes, la France ne connaît pas de véritable séquence pluvieuse soutenue. Cette transition moins chaude ne s’accompagne donc pas d’un apport en eau suffisant.
C’est un facteur aggravant. Les sols continuent de sécher, les habitations restent chargées en chaleur, et le risque d’incendie augmente. Météo-France indique d’ailleurs que le danger feux de forêts reste parfois élevé ce mardi et devient très élevé mercredi dans le Sud-Est.
Cette situation rend le prochain épisode de chaleur potentiellement plus difficile à supporter que ne le laisserait penser une simple lecture des températures maximales.
Santé, logements, infrastructures : les fragilités s’accumulent
La perspective d’un nouvel épisode de fortes chaleurs inquiète aussi sur le plan sanitaire. Santé publique France a recensé un millier de décès de plus que la normale depuis le 24 juin, principalement chez les plus de 65 ans. L’organisme a également fait état d’un excès d’environ 300 morts lors de la canicule du 24 au 28 mai.
Les soignants abordent donc cette nouvelle séquence avec fatigue. L’AFP cite notamment les inquiétudes exprimées par Nicolas Revel, directeur général de l’AP-HP, sur l’effet d’une nouvelle période caniculaire sur les équipes hospitalières.
Les infrastructures sont elles aussi sous tension. Les fortes chaleurs récentes ont provoqué des pannes électriques importantes dans plusieurs zones. Pour les commerces, restaurants et foyers, les coupures peuvent avoir des conséquences très concrètes, notamment sur les équipements de froid.
C’est pourquoi ce nouvel épisode doit être pris au sérieux, même s’il n’est pas encore possible d’en mesurer toute l’intensité. À ce stade, Météo-France insiste encore sur l’incertitude concernant l’intensité exacte des fortes chaleurs. Toutes les régions ne seront pas forcément concernées de la même manière.
Sources : Météo France, France 24/AFP, FranceInfo, Santé publique France
Pic de chaleur, vague de chaleur, canicule : quelle différence ?
Un pic de chaleur désigne un épisode bref, de 24 à 48 h, durant lequel les températures sont nettement supérieures aux normales de saison, localement ou nationalement.
Une vague de chaleur désigne un épisode de températures nettement plus élevées que les normales pendant plusieurs jours. Cette définition s’applique à l’échelle nationale.
Une canicule désigne un épisode de températures très élevées, de jour comme de nuit, sur une période prolongée, au moins 3 jours. Elle est susceptible de constituer un risque sanitaire, notamment pour les personnes fragiles ou surexposées. Cette définition s’applique à l’échelle départementale.
Source : Météo-France


