À Saint-Romain-le-Puy, dans la Loire, la source Parot, connue pour son eau minérale naturellement pétillante, a cessé toute exploitation au 1er janvier 2026. En cause : des PFAS détectés à un niveau supérieur à la nouvelle limite fixée pour les eaux minérales naturelles, rendant cette source historique définitivement inexploitable.

Eau minérale Parot : source de Saint-Romain-le-Puy définitivement fermée en raison d’une pollution aux PFAS
La source Parot, emblématique de Saint-Romain-le-Puy dans la Loire, a cessé toute exploitation après la détection de PFAS au-delà des nouvelles normes imposées aux eaux minérales naturelles.

À Saint-Romain-le-Puy, c’est une page de l’histoire locale qui se tourne avec l’arrêt de la source Parot. Cette eau minérale gazeuse, exploitée depuis plus d’un siècle, faisait partie du quotidien des habitants et du patrimoine du territoire. La décision de stopper son exploitation intervient dans un contexte de durcissement des normes sanitaires sur les PFAS, ces “polluants éternels” désormais traqués dans toutes les eaux de consommation. Elle interroge à la fois sur l’avenir du site industriel et sur la confiance accordée aux eaux minérales en bouteille.

Une eau minérale emblématique brutalement stoppée

Exploitée depuis la fin du XIXe siècle, la source Parot fait partie du paysage local depuis plus de cent ans. Emblématique du département de la Loire, cette eau minérale gazeuse était distribuée principalement en circuit local et associée à l’identité de Saint-Romain-le-Puy.

Depuis plusieurs mois, les habitants avaient remarqué la disparition progressive des bouteilles Parot en rayon, sans véritable explication publique. L’annonce officielle de l’arrêt définitif a donc provoqué émotion et incompréhension dans la commune.

PFAS : des “polluants éternels” au‑delà du nouveau seuil

Selon l’exploitant, la fermeture découle d’autocontrôles internes confirmés par les autorités sanitaires, qui ont mis en évidence la présence de PFAS dans l’eau de la source. Ces substances per- et polyfluoroalkylées, parfois qualifiées de “polluants éternels”, sont très persistantes dans l’environnement et s’accumulent dans les milieux naturels.

L’entreprise évoque des “nanotraces” de PFAS et insiste sur l’absence de risque pour la santé humaine au regard des seuils appliqués à l’eau potable. Mais pour les eaux minérales naturelles, le cadre réglementaire est plus strict : dès que la concentration dépasse la limite fixée, la ressource n’est plus exploitable dans ce statut.

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Des règles plus strictes pour les eaux minérales

Contrairement à l’eau du robinet, les eaux minérales naturelles ne peuvent pas être traitées pour corriger une éventuelle pollution. Elles doivent être commercialisées telles qu’elles sont prélevées, ce qui justifie des exigences renforcées.

Depuis le 1er janvier 2026, la recherche des PFAS fait partie des paramètres obligatoires du contrôle sanitaire de routine des eaux de consommation. Cette généralisation des analyses explique l’émergence de nouveaux cas, y compris pour des sources réputées préservées jusque-là.

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Le site de Saint‑Romain‑le‑Puy reste en activité

Si la source Parot est déclarée définitivement inexploitable dans son cadre réglementaire actuel, l’arrêt ne signe pas la mort du site industriel. Une autre eau du même groupe, issue d’un autre forage et conforme aux normes en vigueur, continue d’être embouteillée sur place.

Cette continuité permet de maintenir l’activité industrielle et les emplois, avec une trentaine de salariés qui poursuivent leur travail sur le site. Pour le territoire, l’enjeu est désormais de préserver cet outil de production tout en assumant la disparition d’une marque historique.

Un signal d’alerte pour toutes les eaux minérales

Au‑delà du cas Parot, cette fermeture illustre comment les PFAS touchent désormais toutes les catégories de ressources en eau, y compris les eaux minérales naturelles perçues comme plus “pures”. Les contaminations environnementales n’épargnent plus ces nappes, pourtant souvent situées dans des zones protégées.

Pour les consommateurs, l’affaire rappelle qu’une eau embouteillée n’est pas automatiquement à l’abri des polluants : la qualité dépend d’abord de la ressource et de son environnement. Dans un contexte de durcissement progressif des normes, d’autres exploitations pourraient être confrontées aux mêmes dilemmes dans les années à venir.