C’est la douche froide pour les 900 000 foyers abonnés à l’option Tempo d’EDF. Alors que les tarifs de l’électricité baissent pour la majorité des Français, les factures de ces utilisateurs — pourtant parmi les plus économes — vont bondir de plus de 8 % en moyenne dès le 1er février 2026.
C’est un signal prix qui ressemble à un contre-sens historique. Au moment même où la France incite massivement ses citoyens à abandonner le gaz pour l’électrique (pompes à chaleur, voitures électriques) et à surveiller leur consommation lors des pics hivernaux, la Commission de Régulation de l’Énergie (CRE) vient de siffler la « fin de la récréation » pour l’offre Tempo.
Le paradoxe de février 2026 : le « deux poids, deux mesures »
Dès le 1er février 2026, le paysage tarifaire de l’électricité en France va prendre une trajectoire schizophrène. Alors que le marché de gros se stabilise, une scission nette va s’opérer sur les factures des Français, créant deux catégories d’abonnés :
- La majorité souffle enfin : Les options classiques (« Base » et « Heures Pleines / Heures Creuses ») vont bénéficier d’une baisse légère de 0,83 %. Un signal qui semble logique dans un contexte de décrue des prix de l’énergie.
- Les abonnés Tempo sanctionnés : À l’opposé, les clients ayant opté pour la flexibilité subiront une hausse moyenne brutale de 8,06 %.
Qui sont ces abonnés touchés ? Ce sont principalement des propriétaires de maisons individuelles ayant une capacité d’effacement (chauffage au bois en appoint), mais aussi de plus en plus de possesseurs de véhicules électriques qui profitaient jusqu’ici d’un coût de recharge imbattable la nuit.
Ce décalage est d’autant plus difficile à justifier que l’option Tempo est, par essence, l’offre la plus vertueuse pour le réseau national. En augmentant les tarifs de ceux qui acceptent de réduire leur confort lors des pics de froid (les fameux jours rouges), la CRE prend le risque de décourager l’effort collectif. Ce réajustement, qui devrait se poursuivre en 2027, marque la fin d’une ère où la flexibilité était massivement subventionnée pour favoriser l’adoption du compteur Linky et des nouveaux usages électriques.
Pourquoi une telle augmentation ?
L’argument de la CRE est surprenant : l’option Tempo serait devenue « trop avantageuse ». Selon le régulateur, les prix actuels ne refléteraient plus assez les coûts réels de production et, surtout, n’inciteraient plus suffisamment à la sobriété lors des pics de consommation.
Pourtant, le principe de Tempo est simple et exigeant : proposer une électricité très peu chère 343 jours par an, en échange de 22 « Jours Rouges » où le prix de l’électricité explose durant les heures pleines. Les abonnés jouent le jeu : ils coupent leurs radiateurs, reportent leurs lessives et éteignent leurs appareils gourmands. Être puni par une hausse de 8 % alors que l’on fait l’effort de flexibilité que l’État réclame a de quoi laisser un goût amer.
Ce que cela va changer pour votre portefeuille
Concrètement, la hausse va se faire sentir sur presque toutes les tranches tarifaires, mais c’est le Jour Rouge en Heures Pleines qui subit le plus gros choc avec une hausse de 6 centimes par kilowattheure. L’impact annuel dépendra de vos équipements, mais voici les prévisions de surcoût moyen :
| Usage type | Surcoût annuel estimé |
|---|---|
| Recharge voiture électrique (20 000 km/an) | + 45 € |
| Chauffage via Pompe à chaleur | + 50 € |
| Chauffage via radiateurs électriques | + 130 € |
Faut-il quitter l’option Tempo ?
Malgré cette hausse, l’option reste mathématiquement la plus rentable du marché pour ceux qui peuvent déplacer leur consommation. Même avec 8 % d’augmentation, le prix du kWh en « Heures Creuses Bleu » reste imbattable face au tarif réglementé classique.
Cependant, la rentabilité de l’effort diminue. Pour un foyer moyennement équipé, le gain annuel par rapport à un contrat classique va s’éroder, rendant la contrainte des « Jours Rouges » plus difficile à accepter psychologiquement.
Conclusion : un mauvais signal pour la transition énergétique
Cette décision pose une question de fond : comment encourager les Français à devenir des « consom’acteurs » si les efforts de flexibilité sont sanctionnés dès qu’ils deviennent trop efficaces pour les caisses des fournisseurs ?
Le message envoyé par la CRE est brouillé : électrifiez vos usages, mais ne soyez pas trop optimisateurs sur vos factures. Pour les abonnés Tempo, 2026 sera l’année de la résilience… ou de la résiliation.
Source : Révolution énergétique.











