Alors que la crise de la mémoire vive bat son plein, une nouvelle menace plane sur l'industrie technologique. Selon une étude de S&P Global, le déficit de cuivre pourrait atteindre 10 millions de tonnes d'ici 2040, un métal présent dans nos équipements connectés. Faut-il s'inquiéter pour le prix des produits domotiques ?

maison connectée
Thermostat Google Nest

La crise de la mémoire vive fait bondir le prix des appareils électroniques comme les PC portables ou les smartphones. Heureusement, la domotique est épargnée par ces conséquences de l’explosion de la demande de RAM pour les centres de données IA. Mais qu’en est-il du cuivre, dont les ressources s’épuisent progressivement ?

Après la crise de la RAM, un déficit de cuivre plane sur l’industrie

Selon S&P Global qui a publié une étude en ce mois de janvier 2026 , la demande mondiale de cuivre bondira de 50 % d’ici 2040. Les centres de données qui alimentent l’IA en sont les principaux responsables également. Leur consommation en cuivre doublera d’ici 15 ans pour passer de 1,5 à 2,5 millions de tonnes par an.

Le problème est que la production minière ne suit pas et pourrait même plafonner dès 2030. Les effets se font déjà ressentir puisque les cours du cuivre ont bondi de plus de 60 % entre avril et fin 2025. Désormais, la tonne s’échange à 13 000 dollars contre 8 000 auparavant. La tendance risque de se poursuivre. Les principaux secteurs qui pourraient être les plus touchés sont ceux de la voiture électrique, les réseaux électriques et d’énergie renouvelable et les data centers.

Quelles conséquences pour la domotique ?

Mais bonne nouvelle pour les amateurs de maisons connectées, la plupart des équipements domotiques contiennent peu de cuivre. Pour une ampoule connectée Philips Hue, un capteur de température Netatmo ou un détecteur de mouvement, on ne parle que de quelques grammes de cuivre dans le câblage interne et le circuit imprimé. Même si le cours continue de grimper, l’impact sur le prix final est vraiment minime.

En revanche, les assistants vocaux et enceintes connectées ont un peu plus de cuivre, avec le bobinage du haut-parleur et le câblage, mais de nouveau, les quantités restent modestes. Alors rassurez-vous, les futures Amazon Echo équipées d’Alexa+ ou Google Nest resteront à prix stable, même si le cours du cuivre continue à augmenter. De nouveau, les quantités sont limitées pour les box domotiques et routeurs qui utilisent du cuivre pour leurs circuits imprimés et leurs connecteurs néanmoins.

© Amazon

En revanche, certains équipements de la maison connectée seront plus exposés que d’autres. On pense notamment aux aspirateurs robots haut de gamme de Roborock, Dreame ou Ecovacs. Ces appareils embarquent plusieurs moteurs qui contiennent des bobinages en cuivre. Pour un produit à 1000 euros, une hausse de quelques euros sur le cuivre est absorbable, mais pour les modèles d’entrée de gamme dont les marges sont très réduites, les fabricants pourraient répercuter une partie de la hausse sur le tarif d’achat.

Même logique pour les robots tondeuses et robots piscines, ces appareils motorisés utilisent plus de cuivre que la domotique légère. Les robots tondeuses et robots piscines pourraient voir leurs tarifs être ajustés vers le haut. Mais les appareils les plus exposés à une hausse du cours du cuivre restent le gros électroménager connecté. Les lave-linge et réfrigérateurs connectés comme les Samsung Bespoke AI ou les modèles LG ThinQ contiennent plusieurs kilos de cuivre dans leurs moteurs et leurs compresseurs.

Faut-il s’acheter de la domotique avant la crise du cuivre ?

Pour faire simple, plusieurs appareils de la maison connectée échapperont à la hausse. Les thermostats connectés, les serrures connectées, les caméras de surveillance et l’éclairage connecté ne seront pas touchés par les conséquences de cette demande explosive pour le matériau à cause de l’IA. Précisons un autre problème, la Chine concentre entre 40 et 50 % des capacités mondiales de raffinage du cuivre, une dépendance qui crée un risque géopolitique qui pourrait alors entraîner les fabricants dans une situation difficile.

Roborock Qrevo Curv 2 Flow © Labo Maison
Roborock Qrevo Curv 2 Flow © Labo Maison

Alors la question se pose, faut-il acheter maintenant sa domotique avant que le cours du cuivre n’augmente toujours plus ? Pour la domotique légère entre capteurs, ampoules, thermostats et assistants vocaux, la réponse est non. Pour les appareils motorisés comme les aspirateurs, robots, tondeuses, gros électroménagers connectés, la prudence se justifie si vous avez prévu un achat, mais plusieurs facteurs tempèrent l’urgence.

D’abord, les fabricants ont des stocks sur le long terme. Ensuite, la concurrence est féroce entre les entreprises qui se livrent une guerre des prix. Ces sociétés n’ont aucun intérêt à augmenter leurs tarifs. Et puis n’oublions pas que le recyclage du cuivre progresse contrairement à d’autres matériaux. Un tiers de l’approvisionnement mondial pourrait venir du recyclage d’ici 2040.

Source : TechRadar, S&P Global