Le CES 2026 bat son plein à Las Vegas et les robots humanoïdes font tout pour voler la vedette. Mais après des années de promesses et démonstrations quelque peu abstraites, le salon clarifie-t-il enfin à quoi serviront les robots humanoïdes ? Le bilan est nuancé.

Robot domestique SwitchBot Onero H1 utilisant ses bras articulés pour manipuler des objets sur un plan de travail, comme des tasses ou du linge.

Les robots humanoïdes seront-ils tous dans nos maisons ? Alors que l’on parle déjà des risques de piratage, la question se pose. La Consumer Technology Association, qui organise le CES 2026, leur a même offert un hall d’exposition tout entier. Désormais, on parle de la « Physical AI ».

Les robots humanoïdes sont les stars du CES 2026

Certains constructeurs montrent des cas d’usage concrets avec un calendrier de déploiement quand d’autres peinent encore à convaincre au-delà de la prouesse technique. Mais contrairement aux précédentes éditions du salon, plusieurs d’entre eux n’étaient plus de simples prototypes prêts pour des scénarios soigneusement scriptés.

Boston Dynamics a présenté la version de production de son Atlas électrique. Le déploiement est dès à présent fixé à 2026 dans l’usine Hyundai de Georgie. On parle d’un robot avec 56 degrés de liberté, capable de soulever jusqu’à 50 kg avec 4 heures d’autonomie via ses batteries interchangeables à chaud.

Le stand d’IntBot a aussi impressionné puisque opéré par son robot Nylo sans aucune assistance humaine. Le robot humanoïde de l’entreprise accueille les visiteurs, répond à leurs questions et gère même les interactions sociales en toute autonomie. Un pari risqué qui montre que l’entreprise a confiance en la maturité de sa technologie.

Robot domestique SwitchBot Onero H1 présenté au CES 2026

Pour les foyers, deux acteurs ont retenu l’attention. LG a dévoilé CLOiD, un robot domestique sur roues capable d’ouvrir un réfrigérateur, de réchauffer un plat au four, de lancer un cycle de lavage, puis de plier le linge. Le constructeur sud-coréen parle désormais d’une plateforme en harmonie avec son écosystème ThinQ.

CLOiD embarque une technologie appelée Physical AI qui combine reconnaissance visuelle (VLM) et traduction en action physique (VLA). Ce sont des dizaines de milliers d’heures de données domestiques qui ont servi pour l’entraînement.

SwitchBot a quant à lui présenté son Onero H1. Il s’agit d’un robot humanoïde sur roues avec des bras articulés à 22 degrés de liberté. La marque propose un assistant capable de saisir des objets, plier du linge ou remplir un lave-vaisselle. Le tout s’effectue en local via le modèle Vision-Language-Action sans aucune connexion au cloud. Les précommandes doivent ouvrir dans les prochains mois.

Les 9 robots humanoïdes qui ont retenu l’attention au CES 2026

Au total, ce ne sont pas moins de neuf robots humanoïdes majeurs qui ont retenu l’attention au CES 2026. Parmi toutes les propositions, chacun a un domaine d’expertise :

  • Boston Dynamics Atlas : Hyundai et Google utiliseront les robots humanoïdes en 2026. DeepMind est partenaire pour l’intégration de Gemini Robotics AI.
  • Unitree G1, H2 et R1 : les constructeurs chinois mise sur l’accessibilité et la production de masse. Son modèle économique ? Le Robot-as-a-Service.
  • LG CLOiD : un assistant domestique intégré à l’écosystème ThinQ pour les tâches ménagères du quotidien.
  • SwitchBot Onero H1 : un robot domestique qui se veut compact avec un traitement embarqué pour le grand public.
  • NEURA Robotics 4NE1 (Gen 3) : un robot polyvalent à la fois industriel et domestique. C’est STudio F.A. Porsche qui a créé ce modèle avec une peau artificielle qui détecte la proximité. La machine peut porter jusqu’à 100 kilos.
  • AgiBot A2 : déjà 5000 unités expédiées pour ce robots d’accueil des musées et espaces publics.
  • Fourier Robotics GR-3 : un robot social qui est pensé pour les hôpitaux, les maisons de retraite ou encore la rééducation.
  • EngineAIT800 : un robot humanoïde massif à 25 000 dollars qui sera livré mi-2026 et propulsé par NVIDIA Jetson Thor.
  • LEM Surgical Dynamis : un robot chirurgical humanoïde qui a été autorisé par la FDA pour un usage clinique lors des interventions orthopédiques et du dos.

Des défauts majeurs qui font déjà tiquer

Malgré ses avancées, le CES 2026 a aussi montré les faiblesses des robots humanoïdes. La lenteur d’exécution est un frein majeur. Le CLOiD de LG a mis beaucoup de temps à mettre un simple vêtement dans une machine à laver et certains visiteurs étaient plus impatients qu’enthousiastes. Les robots sur roues sont privilégiés par plusieurs constructeurs mais ils sont incapables de franchir des escaliers. Ce qui limite quelque peu leur utilité dans les maisons à plusieurs étages.

LG CLOiD, le robot domestique qui s'occupe des tâches ménagères

Il y a aussi la gestion de l’imprévu à prendre en compte. Ces robots humanoïdes excellent dans la tâche répétitive dans un environnement géré au millimètre près. Malheureusement, ils ne s’adaptent pas en temps réel aux situations imprévues. Un animal domestique qui surgit, un objet déplacé, un meuble inhabituel : autant de variables capables de mettre en échec les algorithmes.

Enfin, il y a la question du prix. Si certains constructeurs comme EngineAI annoncent des tarifs à 25 000 dollars, une grande majorité des robots humanoïdes présentés restent inaccessibles au grand public. Difficile de justifier un tel investissement pour le commun des mortels quand le seul but est d’économiser quelques minutes de corvées quotidiennes.

Les robots humanoïdes, fausse promesse ou réalité ?

La conclusion : les robots humanoïdes trouveront d’abord leur place dans les usines et chez les professionnels avant d’être dans nos foyers. Les usines sont le lieu parfait pour ces robots, séparés des humains, qui effectuent des tâches répétitives. Les hôpitaux, hôtels et espaces d’accueil sont aussi des marchés porteurs, comme le montrent des déploiements déjà actifs avec AgiBot ou Nylo. Pour la maison, il faudra sans doute attendre plusieurs années.

Comme le résume une analyse du cabinet Gartner partagée par Bloomberg, les robots humanoïdes savent marcher sur une scène mais ne sont pas adaptés à un usage pratique au quotidien. Le CES 2026 a montré que l’industrie progresse mais qu’elle n’a pas encore trouvé le produit qui convaincra les familles de vivre avec un robot sous son toit.

Nous l’évoquions récemment : la Chine injecte des milliards dans ce secteur avec plus de 150 entreprises en concurrence. Le risque d’une bulle plane avec des produits redondants qui se ressemblent tous. Le pays a l’habitude des produits standardisés et avec autant de modèles, tous ne survivront pas à l’éclatement de cette bulle. Le CES 2026 est l’occasion de voir quelles sociétés avancent concrètement dans le domaine, au-delà des chiffres et démos programmées.

Le CES 2026 a montré que certains acteurs se démarquent par des cas d’usage concrets et des calendriers annoncés. Mais la question est, au-delà de ces démonstrations, qui achètera ces robots et pourquoi faire exactement ? Pour les particuliers, la maison connectée évoluera sans doute par étapes. Et quand on sait qu’équiper son foyer permet d’augmenter la valeur de son bien à l’achat ou à la location, nul doute que certains biens seront vendus avec un robot déjà sur place pour effectuer les tâches du quotidien.